Le Pic d’Adam, ça pique les cuisses plus que les dents !!

{désolées pour le jeu de mot vraiment POURRI du titre…}

Ça y est, on l’a fait !!

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On est un peu fières de vous annoncer que nous avons officiellement grimpé notre premier sommet de ce périple !!

Il ne nous aura fallu que 3 semaines de voyage pour que se manifeste chez nous la même envie qui pousse notre papa à parcourir le monde pour en gravir toutes les montagnes. Comme si même à plusieurs milliers de kilomètres (12580 km pour être plus précises), son influence nous poursuivait ! Tu vois papa, t’es loin mais pas assez pour qu’on oublie ta petite voix « allez les fifilles, c’est pas la mort, vous pouvez le faire, et ça va être trop bien ! »
Vous le savez certainement, on n’est pas des randonneuses de la mort, on a certes des bons gènes et eu un bon entraînement plus jeunes quand on partait très souvent en vacances avec les parents et qu’on était contraintes d’alterner une journée de marche et une journée de détente, mais on n’est plus vraiment dans la compétition. Peu importe, on se dit que ça prendra le temps que ça prendra mais c’est sur que ça vaut le coup : on nous promet un des plus beaux levers de soleil de notre vie (ça tombe bien si y a un truc qu’on adore autant que les couchers de soleil, c’est bien les levers de soleil !) et quitte à être au Sri Lanka et dans les environs, autant en profiter ! Bref on ne veut pas regretter, alors on se dit qu’au pire on s’arrêtera souvent et qu’on partira avec suffisamment de marge pour arriver en temps.

Le Routard annonce 4-5h de montée sur 7km, alors on se lève à 1h du matin pour être en haut au lever du soleil aux alentours de 6h. On arrive la veille dans une guesthouse, on goute tardivement d’un traditionnel Rice & Curry (on se régale et on emmagasine des sucres lents pour l’énergie…) avant de s’allonger pour une petite sieste, en se disant qu’on remangera un peu plus tard juste histoire de nous donner de la force avant l’ascension nocturne. Mais finalement on s’endort et on ne se réveillera qu’à 00h30, grâce à une sonnerie de téléphone insupportablement stridente.
On se couvre, boucle les sacs, et c’est parti pour la grimpette. Notre bouquin annonce que le chemin est éclairé et que des boutiques et maisons de thé jonchent le parcours, mais il fait désespérément noir et rien n’est ouvert pour acheter un truc à grignoter sur la route ou an l’arrivée ! Pas grave, on a 3 litres d’eau, c’est déjà ça, et on sent que ce sera pas de trop vu comme on meurt déjà de chaud !
On marche sous un ciel étoilé magnifique et une demi lune qui éclaire ce qu’elle peut, heureusement qu’on a pensé à prendre au moins une lampe frontale, sinon on aurait été bien mal !
L’ambiance est calme et sereine : on entend des cascades d’eau tomber dans la vallée, des grenouilles qui croassent mais c’est dommage, la nuit on ne voit rien de ce qui nous entoure, même quand on essaie d’éclairer avec notre lampe LED à sa puissance maximum. Après quelques mètres, on aperçoit un Bouddha allongé et une Grande Arche, les signes qu’on va entrer incessamment sous peu dans le sanctuaire bouddhiste du Pic d’Adam.

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En effet ce chemin que nous empruntons est en fait un pèlerinage bouddhiste super célèbre dans le pays, puisque le sommet abrite un temple renfermant l’empreinte du pied de Bouddha. Mais alors pourquoi ça s’appelle le Pic d’Adam nous demanderez-vous ? Alors déjà il porte plusieurs noms : Sri Pada ou Samanala en cinghalais, Sivanolipatha Malai en tamoul et Al-Rohun et arabe. Et ceci tout simplement parce que plusieurs religions s’accordent à dire que ce sommet est sacré : pour les Musulmans, ce serait le premier homme de l’Histoire, Adam, qui aurait laissé ici la première empreinte de son pied en arrivant sur Terre depuis le Jardin d’Éden, pour les Chrétiens ce serait Saint-Thomas, quant aux Hindouistes, ils y voient la trace du passage de Shiva ou Vishnu, tandis que les Bouddhistes reconnaissent le pied de Bouddha, bref y en a pour tous les goûts, de quoi réconcilier pas mal de monde !! Ce qui témoigne de ce caractère sacré ? Le fait qu’au lever du soleil justement, l’ombre projetée de la montagne culminant au 2243m dessine un triangle parfait, alors que la montagne est toute biscornue et sa silhouette imparfaite ! Ce miracle dure seulement 20 minutes, mais les pèlerins se déplacent par centaines lors des célébrations (notamment celles de poya, à la pleine lune) pour venir le constater.

Après environ 4000 marches et quelques pauses « eau », on attaque la dernière partie, la meilleure : 1500 marches jamais de la même taille, toutes humides et séparées au milieu par une rampe afin d’organiser la montée et la descente des courageux.

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Le bouquin nous avait promis une super ambiance festive et plein de monde mais en fait on est quasiment les seules : on a croisé un petit groupe d’Ukrainiens au début, mais on les a vite dépassés ! Tant mieux, on peut s’arrêter quand on veut sans risquer de créer des embouteillages et nos cuisses brûlent tellement qu’on décide de faire des pauses toutes les 50 marches parce qu’il semble qu’on ait pris un peu d’avance sur le programme (au bout d’1h45, on attaque déjà la fin…). Et 2h30 après être parties, on ARRIVE FINALEMENT EN HAUT !!! Plus on monte, plus il fait froid et humide, le k-way, le pull et l’écharpe qu’on a pris risquent d’être un peu justes question réchauffement :S. Surtout que le soleil ne se lève que dans longtemps et le temple n’ouvre qu’à 6h : donc on a encore 2h30 à attendre là-haut dans le froid, le vent, et la faim !!
On a transpiré comme c’est pas permis alors on décide d’enlever nos tshirts pour les faire sécher et d’enfiler nos pulls secs en attendant de redescendre. On se cale au l’abri du vent, on se roule en boule l’une contre l’autre à la façon « pingouins sur le banquise » et on attend patiemment que le soleil arrive. Misère, le ciel se couvre et les nuages s’accroche au sommet, ça promet un lever de soleil brumeux et bouché, on ne verra pas l’ombre dans la vallée :-(. Pour nous faire patienter, un monsieur qui vit là nous propose un bon thé chaud bien sucré qui passe super bien alors qu’on a l’impression de se transformer en glaçons.

Au bout d’1h déjà, l’esplanade commence à se remplir et à devenir plus vivante. On entend toutes les langues, mais il n’y a aucun locaux ni pèlerins !! Ils sont super bien équipés contrairement à nous : manteaux, pulls, bonnets, bâtons de marche… Il faut dire que dans notre sac de 8 mois on a pris de quoi vivre dans le chaud, et on n’avait pas prévu d’avoir aussi froid !! Parfois des applaudissements retentissent quand les groupes séparés par l’effort finissent par se réunir au sommet.

Le soleil finit par se lever, dans la brume comme prévu, il nous faudra revenir une prochaine fois pour constater ce miracle géométrique ! Mais c’est la descente qui nous éblouit le plus : le soleil éclaire magnifiquement la vallée et découvre ce qu’on ne pouvait voir à l’aller dans la nuit sombre. Cest une vue imprenable sur la réserve naturelle d’Horton Plains, inscrite sur la liste du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO comme site naturel !! Une forêt verdoyante, une végétation extraordinaire, des lacs, des cascades jaillissant des falaises de roche rouge, des champs de thés au perte de vue et des rayons de soleil perçant les nuages blancs dans le ciel, dignes d’un tableau de maître. Un panorama absolument incroyable devant lequel on ne peut s’empêcher de lâcher des « HAN !! » à chaque fois qu’on descend une marche. D’ailleurs les marches mettent les genoux et les chevilles à rude épreuve mais nos repos successifs nous permettent de savourer encore mieux le paysage photogénique !

Et là, on a pensé à tous les gens qu’on aimait et qui aurait été susceptible d’apprécier cette vue en s’exclamant « oh trop d’la chance les fifilles ! », « WHAOUW c’est hyper beau mes nénettes » ou encore « *sifflement* c’est superbe ! »…

Bon ok, c’était dur, surtout de bon matin, mais c’était pas non plus insurmontable !! On est contentes d’avoir relevé le défi et on retient de cette histoire qu’il ne faut pas toujours faire confiance au Routard… On aura quand même sacrifié nos t-shirts (qu’on a oubliés de récupérer sur les barrières d’étendage en descendant…), et une partie du tendon d’Achille de la cheville gauche de Juju, mais la vue le valait bien… Enfin on croit, à vous de constater !!

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5 réflexions sur “Le Pic d’Adam, ça pique les cuisses plus que les dents !!

  1. Bravo les filles ! Votre papa doit être fier de vous. Et quel courage ! Vous êtes vraiment des héroÏnes.Pas trop de problèmes de santé après cette ascension ? Grosses bises.

  2. Coucou les FiFilles. Sur que vous pouviez le faire ! Bravo pour cette ascension un peu spéciale (en fait un immense escalier ??). Je suis fier de vous (même si je l’étais déjà avant…).

    Continuez sur votre lancée, vous vous apercevrez vite que la haut, l’air est plus pur, le ciel est plus clair et la vue est plus belle !

    Bisous aux routardes.

  3. Pingback: Kbal Spean | Le ridicule ne tue pas

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