Stupar-ci, stupar-là

{En premier lieu, il faut savoir que l’appellation des stupas au Sri Lanka est un peu différente… Ici on les appelle les « dagobas » – nom masculin -, mais dans le reste de l’Asie ils s’appellent les stupas. On a choisi de garder le nom générique parce que sinon on trouvait pas de titre rigolo – ou pas – à l’article}

D’après l’histoire, les reliques de Bouddha après sa crémation ont été partagées en huit et données à des rois.
Chacun décide d’en faire ce qu’il veut (mais quand même, c’est Buddha alors faut pas déconner non plus) et naît alors une forme de mausolée plutôt particulière en Asie du Sud-Est : le stupa, ou « dagoba » au Sri Lanka. Elle se caractérise par un dôme posé sur une plateforme carrée et sur lequel est posé ce qu’on appelle « une lance », qui est en fait comme un pic qui élève la structure au plus haut (on peut y voir le symbole de l’élévation spirituelle et le rapprochement vers le divin).
Ils sont en général décorés d’éléphants, de nains ou différentes sortes d’animaux, sculptés en frise sur leur base. Aux quartes points cardinaux on trouve des statues de Bouddha devant lesquels on fait des offrandes (fleurs, riz, encens, argent… On les achète juste avant dans les boutiques qui se situent à proximité) ou des « shrine rooms », des sortes de petites cabanes de prière où les fidèles prient devant des représentations de Bouddha. Souvent, un homme vêtu d’un simple sarong blanc récite des prières ou des la gras devant Bouddha et accroche aux poignets des fidèles après qu’ils aient fait une offrande un bracelet de fil de coton blanc. C’est ce même bracelet noué au poignet qui nous permet ensuite d’identifier la religion des Sri Lankais que l’on rencontre ! Avant de rejoindre la plateforme autour du stupa, il faut à tout prix se déchausser : cette consigne est même valable pour les stupas en ruine et engendre un amoncellement de tongs sur des mètres carrés entiers de pelouses juste en dessous des marches qui montent au stupa. Bonne chance pour retrouver les tiennes ensuite !! :-). Attention, nous en avons fait l’expérience : visiter un stupa en plein milieu de journée peut entraîner des brûlures plantaires allant jusqu’au second degré, dépendamment de la couleur de la pierre au sol et la durée pendant laquelle elle aura été exposé aux rayons du soleil !! Mais nous voir courir sur la pointe des pieds en cherchant désespérément un petit bout d’ombre pour reposer nos pieds aura fait rire plus d’un local !

Une pierre de lune plus ou moins travaillée et jolie décore toujours le perron des marchés qui permettent d’accéder à la stupa. On y découvre une succession de frises d’animaux, symbolisant tous une étape de la vie menant jusqu’à la connaissance : l’éléphant (la naissance), le cheval (la force de l’âge), le lion (la décadence ou la maladie), le buffle (la mort), ou encore tout un tas de signes métaphoriques (feu, plantes grimpantes, fleurs, lotus, cygnes…).

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Tous les stupas n’abritent pas les mêmes choses, même si leur forme, qui est une représentation métaphorique et géométrique de Buddha, est toujours la même.
Elles peuvent contenir :
– Des reliques, comme l’immense dagoba Ruvanvelisaya qui a 2000 ans et mesure 90m de haut à Anuradhapura

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– Des objets ayant appartenus à Buddha
– Des explications de la doctrine bouddhique

Certains sont encore en briques rouge, couleur typique de la terre sri lankaise, d’autres ont été recouvertes d’une couche blanche, le blanc étant le signe de la dévotion et de la pureté (tous les pèlerins que l’on a croisés pendant nos explorations étaient habillés de blanc).

Des stupas, il y en a partout. Mais partout, partout. Ça peut être en pleine nature, et le contraste de la végétation avec le blanc est magnifique, sur des sites archéologiques, ou même en pleine ville.

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Il faut savoir que beaucoup d’entre eux ont été mis au jour il y a très peu de temps, car la nature avait repris ses droits et ils n’étaient même plus visibles sous la masse de verdure qui les recouvrait, grâce au travail de conservation de l’UNESCO. Les stupas se trouvant sur les sites archéologiques sont donc protégées, mais sont tout de même des lieux de pèlerinage pour les bouddistes du monde entier. Ceux dans les villes sont des lieux de prières regulieres et on observe, fascinées, les habitudes de cette religion s’intégrer sans mal à la vie quotidienne : par exemple, on se trouve dans un bus, et quand on passe devant un stupa, les bouddhistes se soulèvent de 10cm et joignent leurs mains à leur front. Au début on comprenait pas du tout la raison de se mouvement de foule soudain, puis à force on a repéré le stupa qui causait tout ça…

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On aura encore plein d’autres occasions de vous parler des stupas, puisqu’ils sont caractéristiques de cette partie du monde !

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