Trishit

On va vous raconter nos aventures (on peut aussi les appeler mésaventures) de ces derniers jours, parce qu’il y a de quoi s’arracher les cheveux.

En quittant Mahabalipuram, nous sommes allées à Pondichery, ancien comptoir français et ville coloniale.

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Nous y sommes arrivées à la tombée de la nuit en espérant trouver un endroit où dormir aussi facilement qu’au Sri Lanka : on entre dans une guesthouse qui nous a l’air plutôt pas mal, on demande s’il y a de la place pour 2 voyageuses, si oui le prix, on voit la chambre et on pose nos affaires si c’est bien. Aussi simple que ça. Donc nous voilà a rentrer dans toutes les guesthouses que nous croisons, à demander si une chambre est libre, et à gentiment nous faire remballer parce que soit c’est plein, soit ce n’est pas dans nos moyens. Et c’est à ce moment là que commence ce qu’on appèlera la LEM : la Loi de l’Emmerdement Maximum, ou plus communément la série noire des emmerdes.
Nous quittons alors Pondichéry après avoir dépensé pour une nuit un peu plus que ce que notre budget permettait, pour nous diriger vers Trichy, une ville très sympa selon ce que nous ont dit pas mal de backpackeurs croisés.

On se retrouve dans l’après midi dans une ville sans âme, a se faire harceler par des chauffeurs de rickshaw fous de voir des touristes. On sent ici que les regards sont différents : méfiants, curieux dans le mauvais sens… On se met à la recherche d’une chambre pour la nuit : on partira le lendemain à Tanjore pour visiter le temple et on reviendra à Trichy pour visiter le sanctuaire et partir sur Madurai.
On s’éloigne alors de la gare routière, et on s’arrête à chaque endroit qui propose des chambres dans nos prix. Tout est plein, pas moyen de trouver quoi que ce soit. La nuit tombe, tout ce qu’on veut c’est poser nos sac, on a fait tous les lodges/hôtels de la ville et tout ce qu’on a obtenu pendant notre quête étaient des « already full. » pas du tout amicaux. Mais on a un plan B. Le denier recours, c’est les dortoirs de la gare (les gares en Inde ont des chambres et dortoirs à l’étage, ce qui permet de dépanner quand tu rates ton train par exemple). On s’y rend pleines d’espoir, après avoir marché des kilomètres sous la pluie :
« Bonsoir, on a entendu dire que vous avez un dortoir. Est-ce que vous auriez deux lits de libres ? »
« Oui il y en a des libres, mais c’est interdit aux femmes. »
*glurp* bruit de la pillule qui ne passe pas du tout
Donc en fait là je marche avec plus de 20kg sur le dos depuis 2h à la recherche d’un endroit ou poser mes fesses, et toi tu me dis que j’ai pas le droit de dormir là parce que j’ai pas de couilles ? Cool. Nan, nan très bien, je note. Je savais que la société indienne était machiste mais je mesure seulement maintenant la gravité de la chose.

On se regarde toutes les deux, avec l’air du « je crois qu’on a touché le fond », on fait demi-tour et on réalise qu’on a pas d’autre choix que de fuir immediatement Trichy et d’aller directement à Tanjore, qui est à 1h30 de bus, dans la nuit, et pas besoin de vous dire que si un train de nuit au Sri Lanka est glauque, un bus de nuit en Inde c’est vraiment flippant. On craque, on est épuisées, tout le monde nous regarde pleurer sur le trottoir de la gare routière (et là on a l’impression d’être dans Pékin Express, au moment où ils en ont tellement marre qu’ils envoient tout péter ahah). On prend le bus, même pas sûres de trouver quelque chose là-bas, mais on se dit que de toutes manières ça ne peut pas être plus hostile qu’ici.
Un fois arrivées, on saute sur le premier endroit qui a une chambre de libre, sans trop se poser de questions. Mais peut-être qu’on aurait du s’en poser des questions, vu l’état de la chambre dans laquelle on se retrouve. On ne le sait pas encore mais on y passera les plus longues 8h de non sommeil de notre vie. Au petit déjeuner, dans la rue, on croise enfin quelqu’un d’amical :
« Vous aimez le Tamil Nadu ? »
Euh pour l’instant c’est pas vraiment ce qu’on peut dire, on en a un peu marre des vaches qui chient sur nos pieds, des mecs qui pissent devant nous, des fourmis qui nous bouffent les bras, des gens qui crient toute la nuit et des mendiants qui nous griffent. Sans mentionner qu’on arrivera définitivement pas à s’habituer à voir des hommes taper des femmes sans que personne ne bouge, ni à voir des morts sur la route (et on parle pas que d’animaux là). Apres, Tamil Nadu ou Inde en general, on sait pas. Mais c’est pas le moment de débattre.
« Oui c’est sympa, on aime bien. »

On plie bagage, on achète des fruits pour se réconforter, et on s’en va visiter le temple hindou de Brihadishvara.

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A la sortie au moment de payer le monsieur qui a gardé nos gros sac, on se rend compte qu’il ne nous reste plus que quelques roupies (quelques roupies étant 40 centimes, et même en Inde avec ça tu fais pas grand chose)… Ok c’est pas un problème, on a juste à trouver un distributeur ! Sauf qu’on est en Inde. C’est un problème, parce qu’ils ont autant de banques que les saris ont de couleurs, et que seulement 2 d’entre elles délivrent de l’argent aux étrangers. Ouaiiiiis, on pensait qu’on était au bout du rouleau, mais en fait nan, il pouvait nous arriver encore une merde.
Le guide d’un groupe de français nous voit désespérées et nous propose gentiment de nous prendre dans leur car pour nous amener à Trichy, puisque c’est là qu’on doit aller pour prendre le bus pour Madurai, même si on est pas vraiment enchantées d’y retourner. On est dans un état tellement pitoyable qu’il nous est impossible de refuser de l’aide. Là-bas on trouvera bien une banque pour retirer de l’argent. Le groupe s’arrête manger, le guide nous offre le repas, tout le monde s’implique et se démène pour nous changer les idées. Du coup on suit la visite des quelques temples de Trichy avec Raj notre nouvel ami, comme guide. Une fois la journée terminée, on s’arrête à tous les ATM sur le chemin et aucune banque ne veut nous donner de roupies, même les banques internationales, qui sont surmenées par un samedi de pèlerinage. Ok donc en fait on a la shkoumoune là, c’est un complot ou quoi ???? Mais magie, il nous reste quelques euros, que Raj peut nous convertir en roupies indiennes et qui plus est, avec un taux plus qu’avantageux.
Le bus s’arrête a l’hotel, il est temps de quitter nos anges gardiens.
Notre plan maintenant c’est prendre le bus de 21h pour aller à Madurai, pour prendre celui de 23h qui nous amènera à Kanyakumari, d’où on prendra celui de 6h qui nous amènera à Kovalam. Mais Raj nous supplie de ne pas prendre le bus de nuit. On réfléchit quelques minutes, et on se dit que c’est beaucoup plus prudent de rester là cette nuit, même si il faut qu’on se dépêche pour rejoindre le Kerala, et que l’hôtel où le groupe dort est largement hors de nos moyens. Mais Raj fait tout ce qu’il peut pour nous avoir une chambre, il est même prêt à nous donner la sienne et à dormir dans le bus… Mais on refuse, on veut payer notre chambre. Il nous dit qu’il arrive à négocier notre prix maximum, mais on le soupçonne d’avoir payé la différence pour ne pas nous laisser repartir dans la nuit indienne.

Après un décrassage complet (à l’eau chauuuuude) et une bonne nuit de sommeil dans des draps propres, on dit à bientôt à notre sauveur puisqu’on a prévu de le retrouver un peu plus tard sur son circuit, et même dans son état d’origine, le Rajasthan, aux alentours de de Noël.

Cette histoire se termine bien grâce à Raaj, on ne pourra jamais le remercier assez !!!!

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2 réflexions sur “Trishit

  1. Vous n’avez pas pu le voir mais plus je vous lisais , plus ma bouche s’ouvrait en disant : « oulalalala »…heureusement la fin est bonne… moi aussi je remercie Raaj…quoiqu’il en soit , c’est encore une fois excellemment bien raconté! : Le sigle LEM, le « on a pas de couilles » et la référence à Pékin express m’ont trop trop fait rire… énormes bises…

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