Houseboat(é)

Après la série noire de la malchance (si vous ne savez pas de quoi on veut parler, lisez Trishit d’abord), on a décidé de se consoler d’une manière un peu spéciale. Normalement, un bon repas bien salvateur et la rencontre de personnes gentilles suffisent. Mais non, là il nous fallait plus vu notre moral catastrophique. Il fallait qu’on emploie les grands moyens. Il nous fallait du repos, qu’on ait à s’occuper de plus rien pendant quelques heures, et un beau coucher de soleil pour retrouver notre joie de vivre.

Et pile à ce moment, on tombe sur une page du routard qui parle des Backwaters d’Allepey au Kerala. Ça tombe bien, on est en train de se diriger vers le Kerala… Mais on décide d’abord de s’arrêter deux nuits à Kovalam Beach, pour préparer le trip et profiter d’une des plus belles plages d’Inde.

Trois jours plus tard donc, on prend la route pour Allepey, surnommée « la Venise de l’Inde du Sud » (à cause de ses canaux navigables qui font office de route entre tous les petits villages du coin) sur la côte ouest indienne, dans le joli, propre, touristique et verdoyant état du Kerala ! On s’offre alors une nuit sur un houseboat (traduction : bateau-maison), petit bateau de quelques chambres, avec un salon et un deuxième étage où sont installés des coussins et des fauteuils. La particularité de ces bateaux, appelés ici les « kettuvalam » est que leur construction ne nécessite aucun emploi de vis ou de clou : le fond de ce bateau en natte de coco et en bois d’anjili ne doit son étanchéité qu’à des lattes de bois liées et colmatées entre elles grâce à du coir (la fibre de la coque de la noix de coco, vous savez les sortes de fils marrons rêches qui décorent les soutien gorges des vahinés dans les spectacle traditionnel tahitiens et qui nourrissent nos imaginaires assoifés d’exotisme ??), puis badigeonnées d’une résine extraite des coques de la noix de cajou (un truc qui paraît il est hyper toxique et acide, qu’il ne faut surtout pas manger – c’est pour ça qu’on ne trouve jamais de noix de cajou dans leurs cosse, contrairement au cacahuète par exemple ! -, sous peine de se bruler et s’intoxiquer !). À la base ils étaient utilisés uniquement pour le transport des marchandises, mais avec les routes et les ponts se construisant partout, ils étaient menacés de disparition, donc le tourisme (le Kerala a fondé son économie sur ce secteur et fleurissent partout des grandes publicités pour le tourist board of Kerala, dont le modeste slogan « God’s own country » est la baseline), s’est emparée du truc et maintenant ils se sont transformés en hôtels flottants de plus ou moins bon standing ; tandis que les parpaings, briques, tonnes de sable et barres de fer sont acheminés dans de longues barques étroites avec un petit moteur qui galère à avancer tellement l’embarcation est lourde et proche de la noyade !

Le package du séjour à bord de ces maisons sur l’eau comprend le déjeuner, une après-midi de balades dans les canaux, le dîner, la nuit sur l’eau et le petit déjeuner. De quoi profiter du coucher et du lever de soleil, qui pour le coup étaient splendides.

On arrive en retard (forcement… on ne change pas les vieilles habitudes, et puis les routes indiennes sont tellement pleines d’imprévus qu’il est impossible de se fier à un horaire et s’y tenir…), mais on déjeune quand même sur l’étage du bateau en découvrant les rives pleines de palmiers et de maisonnettes colorées, devant lesquelles les hommes et les femmes font la lessive et leur toilette. On se repose sur les gros fauteuils mis à notre disposition derrière le pilote, et on laisse tranquillement filer notre après midi tranquille et reposante sur les eaux calmes et saumâtres des backwaters. À la tombée de la nuit, le bateau se pose dans un petit village, et on en profite pour se balader dans les rizières et jouer avec les enfants, très étonnés de voir des européennes jouer avec les garçons. Les chemins sur le bord de l’eau sont étroits et on passe tout près des maisons des habitants, qui nous saluent tous sans exception avec un grand sourire, pas du tout gênés que des étrangers aient un accès si proches à leur intimité et leur vie. On admire le ciel, les nuages, la lune et le soleil se refléter élégamment dans les eaux plates des canaux et on demande aux locaux de partager leur quotidien : ils nous expliquent quelles sortes de riz poussent autour d’eux, qui travaillent dans les rizières, comment fonctionne le système des écluses entre les canaux pour alimenter en eau chaque maison, même les plus éloignées du rivage, combien de mètres de profondeur il y a à cet endroit, quel est le goût de ce fruit, ou ont ils appris à nager… Bref autant d’échanges et de discussions qui nous font découvrir de plus en plus ce gentil peuple que sont les indiens. Un groupe de 6 garçons improvise un match de cricket à la tombée du jour avec un fruit ramassé, on décide de se joindre à eux pour apprendre ce sport si populaire, mais ils sont tellement forts au lancer de balle et à la feinte que l’on fait de bien piètres adversaires. Le soleil se couche vite, il est temps de rentrer pendant qu’il y a encore un peu de lumière chatoyante dans le ciel : le temps de boire un jus de noix de coco, de demander à la couper en deux pour en déguster ensuite la chair gluante et délicieuse, on se fait proposer des massages ayurvédiques que l’on décline poliment et on rembarque dans le bateau qui semble être fait de paille !

La soirée se déroule calmement, bercées par les chants des grenouilles et des crickets, on décide de se coucher pas trop tard pour pouvoir admirer le lever du soleil à la première heure. Le lendemain, déception : si le coucher du soleil était magique, le lever est bof bof, mais ça ne nous empêche pas de savourer notre petit déjeuner et nos dernières heures à circuler dans un si bel endroit ! On s’assoie à côté du pilote, et on profite de ces paysages paradisiaques, ces images emmagasinées nous réchauffent le cœur et la tête, on saura y faire appel lors d’un éventuel prochain coup de mou ! 😀

Mais comme on est des filles sympas, on a décidé de partager avec vous !! Attention, ça va être un peu beau !!

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Une réflexion sur “Houseboat(é)

  1. C’est tout simplement, MAGIQUE!!!! les massages sont fantastiques, une fois essayé, on ne peut plus se faire masser ailleurs…. Si je n’ai plus l’occasion, je vous souhaite à toutes les deux, un JOYEUX NOEL indien.

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