Riding along the Mekong

… Ou les fous du volant, version Delory !! Quand les deux sœurs s’essaient au scooter c’est un peu dans le style Satanas et Diabolo…

Le meilleur moyen de locomotion, en Asie, c’est bien sur le deux-roues ! Pas question de louer une voiture, c’est moins pire qu’en Inde, ok, mais c’est pas non plus ça, et puis tout est à l’envers ici : ils conduisent à gauche de la route et le volant est à droite… chelou !! Quant au vélo, c’est sympa sur des petites distances, mais ces derniers jours on en a mangé pas mal pour visiter les sites archéologiques et les temples, et nos fesses esquichées par la selle dure et inconfortable nous crient de les laisser se reposer parce qu’elles souffrent de plus en plus… Et bientôt on ne pourra même plus s’assoir sur une chaise sans hurler ! (Sérieux vous avez déjà eu des bleus limites hématomes aux fesses vous ??) Donc, on décide finalement de tester le deux-roues motorisé, histoire de donner des vacances à nos cuisses courbaturées. On appelle ça aussi scooter, ou « motobike » : non non pas « motorbike », mais bien motobike (les asiatiques ont du mal avec la prononciation du r… Et du s aussi !). C’est pas cher, pas gros, pratique, ça va là où les bus ne vont pas (et les bus en Thaïlande ne vont pas à beaucoup d’endroits en fait !), ça consomme pas trop de carburant et… C’est rigolo !!

Ouais enfin l’idée est rigolote, mais la première fois qu’on est montées dessus on n’a pas trop fait les malines.
Vous savez qu’en France il faut passer un mini examen pour avoir le droit de conduire un scooter ? Ça s’appelle le BSR, ça se passe au collège et c’est une sorte d’initiation au code de la route et a la conduite. Aujourd’hui, en France, même si tu as déjà ton permis de conduire A, si tu veux acheter un scooter et le conduire (ben ouais c’est pour ça que t’en achètes un en même temps…), tu dois malgré tout prendre quelques heures de conduite dans une auto-école pour te familiariser avec le véhicule. Mais ça c’est en France, pas en Thaïlande, et comme c’est en Thaïlande qu’on est en ce moment, on va apprendre à conduire un scoot ici ! Et, la meilleure formation étant l’immersion, on s’est juste lancées en se disant que de toute façon, on avait des super anges-gardiens ! Et puis ça nous fera de l’entraînement pour Bali, où le moyen de locomotion privilégié est aussi le scooter.

Voilà comment ça s’est passé. On demande au patron de notre guesthouse s’il loue des deux-roues, il nous emmène gentiment au bar de son pote qui par chance en loue quelques-uns (en fait, 2, le sien, et celui de sa copine !). Il se trouve que le patron du bar est un Français super sympa qui vit en Thaïlande depuis 6 ans, qui connait un peu les environs et qui nous explique où aller sur la carte.

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Il ne nous demande ni permis national, ni permis international (tant mieux, on ne les a pas sur nous !), juste une photocopie du passeport au cas où on se fait la mal avec son scooter… On aurait pu être mineurs et n’avoir aucune expérience de la route, ça se serait passé pareil ! Aussi simple que bonjour. C’est là que ça devient drôle.

Il nous montre le scooter sur le parking juste en face, nous l’amène et nous demande poliment :
« – Bon, vous avez déjà conduit un motobike de ce genre ?
– Non
– Ça change pas beaucoup, il faut juste enlever la béquille pour pouvoir démarrer, sinon après c’est normal.
(OK, tu peux le faire, il suffit juste que tu fasses la fille cool qui sait tout à fait comment s’y prendre) »

Ingrid monte sur le scoot. Elle a déjà vu son père et sa mère le faire donc elle sait à peu près comment on fait… juste assez pour avoir l’air à l’aise sur un truc qu’elle ne sait ABSOLUMENT pas conduire. Elle a déjà conduit un scooter, mais c’était il y a à peu près 10 ans, au collège, dans l’allée du jardin de sa meilleure amie, avec un tout petit scooter léger. Là, c’est un gros truc hyper lourd, qui a l’air en trop bon état pour lui faire subir une catastrophe sans que ça se voit… Hoho…
Jusque là, rien de sorcier, elle a réussi, maintenant il faut trouver comment on démarre l’engin !

« – Et comment ça se démarre en fait ?
– Ben normal, comme les autres !
– Et c’est où sur les autres ?
– Ah mais quand tu disais que tu n’avais jamais conduit ce genre d’engin, c’est parce que tu n’as vraiment JAMAIS conduit un motobike ??
– Ben non, c’est la première fois ! Ou quasiment… *grand sourire et battements de cils* [enfin si, une fois, mais c’était y a 10 ans avec le mini scooter de ma meilleure amie dans l’allée de son jardin quoi…]
– Ah !… Ah ok…
– Ben alors tu fais comme ça, tu tournes la clé, tu serres les poignées de frein et tu appuies sur le bouton en dessous en même temps. Et pour démarrer et accélérer c’est à droite, en tournant la poignée vers toi.
– Super merci ! »

Trop cool, le scooter est en marche, le casque sur la tête, reste plus qu’à faire avancer le bazar… Premier vroum *tournage de manette comme dans les films quand ils font vrombir le moteur* pour comprendre comment ça fonctionne. Le scooter part d’un coup, manquant de tomber et Ingrid en même temps, heureusement que la rue est déserte, qu’elle a le sens de l’équilibre et de la force pour le retenir. Bon, le prochain vroum t’y vas mollo, parce qu’il s’agit pas de mourir tout de suite quand même !

On refait une tentative, cette fois ça passe, mais le scooter part encore vachement vite tout seul et les tongs raclent le sol comme si les pieds aillaient freiner ! On tente le virage… C’est pas encore ça, mais Juju monte derrière et nous voilà parties vers les bords du Mékong pour profiter de la vue et s’arrêter faire des jolies photos… Enfin pas tout de suite, d’abord il faut trouver la route !

Le deal : Ingrid au volant, Juliette à la carte… Parce que c’est bien connu, Juliette a un sens de l’orientation inné et infaillible ! LOL !! En même temps, les cartes thaïlandaises sont vraiment merdiques. Elles ne sont pas à l’échelle (c’est marqué noir sur blanc « not in scale »), et une carte sans échelle c’est un peu comme si on marquait directement « attention, cette carte n’est pas une carte car elle ne vous indique pas les distances… Et pas vraiment le chemin puisque toutes les routes n’y figurent pas ! ». Après 30 minutes de galère, des virages serrés pas toujours très surs ni stables, beaucoup de frayeurs même à 20km/h et un nombre incalculable de tours en sens-unique dans la ville, on finit par trouver la bonne route. Prochaine étape : un temple à 26 kilomètres (les Thaïlandais, eux, ils disent « 26 kilo »… Bizarre !). C’est bon, si on roule à 50 km/h, on y est dans une heure non ? Hahaha la blaaaaaague. On joue la prudence, donc on ne dépasse pas les 30km/h (ne rigolez pas, à cette vitesse, au moins, si on tombe, on ne mourra pas, et normalement on ne se fera pas trop mal !), du coup on se fait doubler par des voitures, des bus, des motos, des scooters, et même… Des vélos ! La hoooonte… Pas grave, au moins on ne prend pas de risques, ce serait vraiment con d’avoir un accident en Thaïlande alors qu’il ne nous est rien arrivé en Inde, au pays de la conduite bordélique !

On s’arrête en chemin dans un petit hameau car on aperçoit en passant une grande scène avec des photos de jeunes mariés et des décorations florales autour. C’est un mariage !!

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On s’approche discrètement, sans vouloir s’incruster (c’est pas notre genre, et c’est pas comme si on l’avait déjà fait en Inde… Hein ?), les invités nous apportent gentiment des boissons (on refuse les bières mais on prend volontiers les bouteilles d’eau glacées) et les mariés ainsi que leurs familles nous saluent depuis l’estrade ! On prend quelques photos, on les remercie à coup de saluts aux mains jointes puis on reprend la route.

Il est déjà plus de midi, on a les fesses engourdies par les vibrations du scooter et les nids de poule dans la chaussée. On s’arrête sur un marché dans une petite ville pour faire un tour et se dégourdir les jambes. On commence à gérer les virages, les manœuvres, les clignotants et même la vitesse (on a fait du 50km/h woup woup !), et quel bonheur de se sentir libres ! On peut s’arrêter quand on veut, emprunter des petits chemins trop mignons et longer des rizières et des étangs sans personne autour de nous. Le soleil tape fort, on ne s’en rend pas compte parce que le vent nous rafraîchit la peau quand on est au volant, mais on a de sacrées marques de bronzage sur le dos, les épaules, la poitrine et les pieds !

Dans un quartier de ruelles tranquilles sans traffic, Juliette s’essaie au maniement du scooter. C’est bon, on est toutes les deux prêtes pour l’aventure self-motorisée balinaise !
On mange un morceau sur un bord de route où on arrive tant bien que mal à se faire comprendre en mimant des bruits d’animaux, et une poule qui pond un œuf, en montrant du doigt des légumes et en essayant de prononcer correctement le mot « riz » en thaï. Ça se dit « khao », mais il faut suggérer un petit « r » dans la gorge juste après le « h » pour le dire correctement. Au final on gagne un plat de riz blanc avec des légumes revenus dans un assaisonnement délicieux !

Mais on est déjà l’après-midi, on n’a pas encore vu de temple (on est sans doute perdues ou pas du tout a l’endroit qu’on pensait, mais qu’importe, on s’est régalées de paysages, de liberté et de plaisir !), et vu que ça fait déjà 2h qu’on roule, il va peut être falloir penser à faire demi-tour pour rentrer à temps ! On longe de nouveau les eaux rouges et calmes du Mékong pour emmagasiner un maximum d’images, parce qu’on ne reverra pas ce fleuve de sitôt !

On fait la route du retour tranquillement, sans encombre, avec des pics à 65km/h… Ouais c’est vrai on est des folles un peu !! Mais on aime bien vivre dangereusement ! 😉

Voilà les clichés de cette journée ! Le Routard nous avait fait miroiter des paysages splendides à couper le souffle avec des rapides et des cascades, mais la saison est trop sèche, et même si c’est vraiment très joli, on est un peu déçues car on s’attendait à un truc incroyable après les descriptions et promesses du guide… Mais cette journée restera malgré tout gravée dans nos mémoires comme « la première journée où on a conduit un scooter ensemble » !

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