Le Bouddhisme en Thaïlande

Après quelques semaines déjà en Asie du sud-est, qui en gros compte deux principales religions : l’hindouisme et le bouddhisme, on est parvenues à deux conclusions. La première c’est que l’hindouisme ça fait mal aux oreilles, et la seconde c’est que le bouddhisme ça fait mal aux yeux !

Faut être honnête les gars : le bouddhisme, c’est quand même vachement kitsch hein !! Pas kitsch drôle, plutôt kitsch qui pique un peu les yeux ! Rapport à la dorure, aux bijoux, au clinquant et au chargé !! On est quand même loin du Bouddha super épuré en bois foncé du magasin de déco zen français… Ici le mot d’ordre dans les temples c’est OR, OR, OR et OR !!! Sauf quand ils sont en ruines bien sur…

Et puis, maintenant qu’on a des points de comparaison entre les pays, leurs cultures, leurs habitudes, et leurs modes de vie (même si ce sont des connaissances modestes…), on peut vous en parler.

En Thaïlande notamment, où on est restées assez longtemps pour observer et comprendre les rituels et coutumes bouddhistes. Ici, c’est un drôle de bouddhisme, très différent de celui rencontré au Sri Lanka. Alors que sur l’île de Ceylan les bouddhistes ne consommaient absolument aucun animal (même s’ils raffolaient des œufs que les hindous bannissent de leur cuisine), les bouddhistes thaïs, eux, mangent de la viande. Et ils en mangent BEAUCOUUUUP. Ils en vendent à tous les coins de rues : du bœuf, du porc, du poulet, du poisson, des fruits de mer et même des insectes !! Il parait que ces petits êtres vivants sont l’avenir protéiné de l’humanité… Merci, mais non merci, nous, on laisse le serpent en brochettes, les larves au persil, les cafards grillés et les mygales frites aux plus courageux !!

En fait, on a appris un peu plus tard que les bouddhistes en Thaïlande, comme au Cambodge d’ailleurs, ne voient pas d’inconvénient à manger de la viande car ils se rachètent d’une manière ou d’une autre de ce « péché » ! Vous croyiez que le commerce des indulgences n’était un truc que de Catholiques ? Et bien non ! Même s’ils croient à la réincarnation, ils prennent quand même le risque de manger un truc qui pourrait être leur grand-père récemment décédé (puisque chaque être vivant est susceptible d’être la nouvelle enveloppe charnelle de n’importe quel être humain qui n’a pas brisé le cycle de réincarnation en menant une vie spirituelle exemplaire…), car ils ont la possibilité de compenser ce « crime ». Ça fonctionne un peu comme un jeu avec un système de points : tu dois accumuler des points tout au long de ta journée. Si tu en perds en commettant une action négative (comme manger de la viande par exemple), tu peux te rattraper en exécutant une action positive (faire une offrande au temple, une donation à un moine, clamer une prière ou une petite puja, et hop, on n’en parle plus !). C’est facile non ?

Autre différence notable : les thaïs n’ont pas de problème avec le fait de tourner le dos à Bouddha, qui est plutôt perçu comme un décor photographique sympa. Ainsi on n’arrive plus à compter le nombre d’asiatiques qui se prennent en selfie avec l’énorme statue dorée en arrière-plan ! Ils ne saluent pas non plus lorsqu’ils passent à proximité d’un temple, ils se contentent de poursuivre leur chemin, normalement, alors que les Sri Lankais se levaient exprès quand ils étaient assis dans le bus ou conduisaient leur tuk-tuk.

On a aussi eu l’opportunité d’assister à un phénomène étrange réservé aux lève-tôts : la tournée des moines. Le matin, à la première heure, jusqu’à 8h environ, des moines en robe safran passent devant les magasins et bénissent le propriétaire et les employés en échange d’un billet. Le moine marche dans la rue, et en arrivant devant les enseignes (ça va du magasin de souvenirs au supermarché en passant par le salon d’esthétique, le coiffeur ou le bar-restaurant), les employés se manifestent en sortant avec un billet à la main et s’appliquent à l’enfoncer profond dans le sac en tissu du moine avant de se mettre en position de prière et de bénédiction. Debout, raide et droit, bras le long du corps, tête baissée et yeux fermés, pendant que le moine agite ses bras autour de la silhouette en marmonnant des mantras et en jetant parfois des gouttes d’eau sacrée ou de la fumée d’encens. Et puis il reprend sa route, s’arrête 5 mètres plus loin au commerce suivant et ça recommence, ainsi de suite. La scène se répète, dans toutes les rues des villes, au lever du jour.

En ce qui concerne l’aspect technique de l’offrande, ici aussi c’est différent ! Le point commun est que les offrandes sont aussi importantes et respectées dans tous les pays. Mais ce ne sont ni les mêmes contenus ni le même rituel.
Voici en gros le « parcours » d’offrande à réaliser dans un temple bouddhiste en Thaïlande. À noter que chaque étape est séparée de l’autre par une prière plus ou moins longue, réalisée debout, incliné, à genoux et parfois ventre au sol, à voix haute ou basse, ça dépend des gens.

Étape 1 : se rendre au petit comptoir à l’entrée du temple et acheter le paquet contenant tous les éléments qui ont être utiles pour accomplir chaque étape. Le prix est parfois fixe, d’autres fois c’est juste une donation, et c’est toi qui décides combien tu veux donner.
Étape 2 : se déchausser à l’entrée du temple, juste en bas de l’escalier qui y conduit
Étape 3 : accrocher à une armature en métal le collier de fleurs fraîches et colorées.
Étape 4 : planter le bâton d’encens, préalablement allumé sur une flamme commune qui brûle en continu, dans une grande vasque pleine de sable et de mégots d’encens éteints ou encore incandescents.
Étape 5 : enrouler son lot de tissus colorés autour d’un totem et les nouer par un gros nœud vite fait pour qu’ils y restent accrochés.
Étape 6 : détacher la petite feuille d’or toute fine de son enveloppe, l’attraper délicatement du bout des doigts pour ne pas l’abîmer et la coller avec application sur une des statues de Bouddha. La statue se retrouve ainsi toute recouverte d’or au fur et à mesure que les fidèles affluent. L’or c’est une vraie passion ici, on vous l’a dit !
Étape 7 : verser le contenu d’une petite bouteille (nous au début, on croyait que c’était du jus de pomme qu’ils se trimballaient tous, mais en fait c’est de l’huile, on l’a compris qu’en voyant cette dernière étape !!) dans un grand vase dont dépassent des mèches à brûler. Le fait d’ajouter cette matière permet d’alimenter en continu les jolies flammes qui dansent à la surface.

Si ce drôle de rituel ne vous est pas familier et que vous ne comprenez pas tout, regardez les images, ça va peut-être vous aider !

Vous l’aurez compris, le bouddhiste thaïlandais est beaucoup plus ostentatoire et capitaliste que le bouddhisme ascétique et discret du Sri Lanka ou du Tibet…

Un bon Bouddha bien typique de la Thaïlande, tout d’or vêtu !

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Un Bouddha en ruines : c’est tout de suite moins clinquant non ?

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Remarque, même sur des ruines ils arrivent à lui coller de l’or…

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Et voilà les fameuses étapes d’offrande
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Un moine thaïlandais

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