Bienvenue au Cambodge !

Il y a plusieurs options pour passer la frontière thailando-cambodgienne. Il y a aussi plusieurs façons d’obtenir son visa. 

Récit du jour où on a choisi l’option la plus compliquée à chaque fois.

7h du matin, on est prêtes, nos sacs sont bouclés. On part de Bangkok pour le Cambodge ! Seulement 8h de route, un mini bus vient nous chercher à notre auberge, et on arrive directement à Siem Reap. Le tout pour 5euros par personne ! Le deal parfait, ce que presque tous les backpackers font pour s’éviter de payer l’avion. 

Le chauffeur arrive à notre hôtel, puis on le suit en direction du minibus. Déjà 4 personnes sont là, les minibus thaïlandais peuvent en contenir 12… Mais sachant que chaque passager porte sa maison sur son dos, et que les sacs sont rangés en montagne sur la première rangée de sièges, ça réduit considérablement le nombre d’humains pouvant s’asseoir ! 

Bref on attend (préparez vous, ça va être le fil rouge de notre histoire : l’attente), spectatrices du ballet des chauffeurs qui s’activent pour l’organisation des placements (oui parce qu’il y a 5 minibus pareils d’affilée).

Nous voilà partis, entassés entre gros et petits sacs à dos, essayant tant bien que mal de faire connaissance avec nos voisins. 

Après 4h de route et deux arrêts « diesel filling » pendant lesquels tout le monde doit sortir au cas où le bus explose (c’est rassurant), on s’arrête à un restaurant paumé sur le bord de la route où le chauffeur nous explique que ceux qui veulent manger peuvent, et qu’on reprendra la route dans quelques minutes dans un autre bus. N’ayant rien avalé depuis la veille, on décide de prendre un truc vite fait. 

 Puis commence leur technique bien rodée : ils appellent les gens qui voyagent ensemble (souvent par 2), les séparent du reste du groupe en leur demandant de passer de l’autre côté du restaurant (si d’autres personnes veulent les suivre, on leur demande de rester là où ils sont, on a essayé), et c’est là où le racket a lieu : on rentre dans une pièce sombre pseudo-officielle avec des diplômes et des récompenses accrochés aux murs et un homme à la tête typique d’un mafieux thaïlandais avec cheveux gominés (et accent sicilien si l’équivalent en Thaïlande d’un une telle région existe), nous accueille un peu trop faussement chaleureusement.
Ils nous sent sur la défensive, puisqu’on refuse de poser nos sacs et de nous asseoir. 

Il nous explique le plus naturellement du monde que c’est là qu’on doit faire nos visas pour le Cambodge, et que ça nous coûtera la modique somme de 50$ chacune.
Bien sur, avant de partir on s’est renseignées et un visa à la frontière cambodgienne (terrestre ou aérienne) ne coûte pas plus de 30$. Ça sent donc la grosse grosse arnaque.
On lui dit gentiment de remballer sa proposition, et qu’on ne tombera pas dans ce piège, bien que très organisé. 

Et c’est là qu’ils sort tous ses arguments :
– « Je fais partie du gouvernement, je représente l’ordre publique », accompagné d’un insigne bidon –> même si c’est vrai c’est pas pour ça qu’on va te faire confiance, t’as un gros complexe d’infériorité à compenser toi non ?
– « La loi a changé depuis octobre 2014, le prix officiel d’un visa est maintenant celui que je vous annonce, vous pouvez vérifier. » –> ok alors on peut regarder sur ton ordi ? « Non on a pas internet » –> ouais ouais d’accord
– « Vous pouvez demander à tous ceux qui ont pris le minibus avec vous, ils ont tous payé. » –> ouais mais c’est pas parce que tout le monde se jette par la fenêtre qu’on va le faire aussi… 

On lui annonce qu’on refuse de payer ce prix exorbitant et qu’on trouve leurs pratiques scandaleuses.
Il nous répond qu’il n’y a pas de souci, mais qu’on devra se débrouiller pour arriver à Siem Reap par nos propres moyens.

Ne sachant pas où on était, comment arriver à la frontière et comment rejoindre Siem Reap après, on a décidé de céder au chantage et de payer le prix fort (quand même un peu négocié). 

C’est sûrement ce qu’il s’est passé pour tous les autres… En fait, ils veulent gagner du temps (et par la même occasion se faire beaucoup d’argent) et font les visas avant de passer la frontière officielle pour éviter d’attendre les passagers qui doivent remplir les formalités pour pouvoir passer de l’autre côté…

Ils nous étiquettent, puis nous demandent d’attendre. Après 40 minutes de discussions animées avec des voyageurs aussi révoltés que nous, un conducteur de pick up vient nous chercher pour nous emmener à la frontière thaïlandaise. Nous ne sommes plus que 4. 

Là, un homme vient nous chercher : c’est celui (le deuxième d’une longue série) qu’on suivra pendant le no man’s land. Il nous dirige doucement vers une banque, devant laquelle il fait mine de faire connaissance avec nous, puis glisse doucement dans la conversation que dans son pays (le Cambodge), les banques n’existent pas. Il faut donc retirer là tout notre argent parce que c’est la dernière banque thaïlandaise. Bahahahahahahahahahahahahaha.
Notre carte bleue n’ayant pas fonctionné depuis une semaine, on décide quand même d’essayer de retirer des baths (monnaie thaïlandaise), histoire d’avoir de quoi changer si jamais on arrive toujours pas à retirer au Cambodge.
On se dirige vers l’ATM, on essaye de retirer 10000, retrait refusé. On essaye 5000, retrait accepté. On prend notre monnaie puis l’entourloupeur professionnel arrive vers nous l’air étonné et nous demande combien de temps on reste au Cambodge. On répond deux semaines, un peu méfiantes… Et il nous lance que 5000 n’est pas assez et qu’on a besoin de 20000 à deux pour deux semaines. C’est dire à quel point c’est abusé… Évidemment on a de suite regretté d’avoir retiré, même si on savait qu’on allait toujours pouvoir nous servir de nos baths. 

On se dirige vers la douane du Cambodge, déjà assaillies d’enfants mendiants. Ca nous rappelle douloureusement l’Inde…
On passe le checkpoint, en priant pour qu’AU MOINS les visas soient bons, puis un autre homme prend le relais à la sortie, pour nous accompagner à l’estampillage des passeports. On a juste l’impression d’être des clandestines, et le couple d’allemands avec nous ressent la même chose.
Arrivés au dernier point, notre passeur nous annonce qu’il va falloir attendre 1h30. MAIS ! Oui il y a un mais, si on ne veut pas attendre, on peut soudoyer un employé officiel pour 200 baths. A ben alors, si on peut faire ça c’est cool ! (Non, c’est une blague, en aucun cas on va cautionner la corruption, et encore moins y participer) 

On décide d’attendre, parce que de toutes façons c’est ce qu’on fait depuis ce matin et que cette journée est déjà bien pourrie. Ca nous laisse l’occasion de faire connaissance avec nos comparses de galère, qui viennent de passer 2 ans en Australie. Au final on attend la moitié de ce que nous a annoncé notre dernier arnaqueur et on se retrouve à attendre le même bus que tous ceux qui sont passés devant nous en payant le pot de vin…

Il est déjà 15h, on monte dans ce qu’on croit être le dernier bus qui nous amène directement à Siem Reap, mais 30 minutes après, il s’arrête dans une grande gare routière déserte : l’endroit où on change de bus et où on « doit » changer nos baths retirés avant le Cambodge (et on t’insulte si tu ne le fais pas) parce que « à Siem Reap il n’y pas de bureau de change » (oui et puis on paye ses courses avec des coquillages et on ne se déplace pas autrement qu’en cheval c’est ca ?)…

Exaspérées par la mascarade et les carabistoules qu’ils essayent de nous faire avaler, on monte dans le dernier bus, espérant pouvoir arriver avant la tombée de la nuit dans une guesthouse. Mais non ! Le chauffeur en a décidé autrement, on s’arrête à 17h dans un restaurant de route, et on ne redémarrera pas avant 19h… 

 On arrive finalement à la gare routière d’Angkor, où les chauffeurs de tuk-tuk se jettent sur nous pour nous conduire à Siem Reap, qui se trouve à 7km de là, pour un prix exorbitant parce que « il fait nuit et c’est beaucoup trop loin » (mais ta mission c’est pas justement de conduire les gens à des endroits parce que c’est trop loin pour qu’ils y aillent à pied ?).
On fait mine d’avoir réservé une chambre quelque part, on lui donne l’adresse de la guesthouse où on compte dormir, et on se rapproche du moment tant attendu où on pourra s’allonger et oublier cette journée. 

On y arrive (ENFIN, il est 22h), mais plus aucune chambre de libre. Nous voilà reparties à marcher 2km avec nos 4 sacs pour en trouver une autre, où on est accueillies avec un grand sourire : 

« -Welcome to Cambodia !

-Mmmmmh thank you ? » 

IMG_8449
 

Bref, le chemin fut long et périlleux pour nos nerfs, mais on est enfin dans ce pays qu’on a si hâte de découvrir 🙂

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