L’île des dieux

Que ce soit dans son histoire ou par rapport à l’ambiance qui y règne, oui, Bali est bel(le) et bien à la hauteur de son surnom : l’île des dieux. 



Bali, c’est un peu comme le village d’Astérix et Obélix, au milieu de la Gaulle envahie par les Romains. Car elle résiste encore et depuis toujours à « l’envahisseur ». On va vous expliquer tout ça. Il y a plusieurs centaines d’années, les marchands arabes en revenant de Chine se mettent en tête de convertir les petites îles d’Asie du sud-est, et ils y parviennent ! Sauf que l’élite culturelle et politique hindoue ne se laisse pas faire, elle refuse cette conquête par les prédicateurs de Mahomet et décide de fuir pour se réfugier sur l’île de Bali, transformée en forteresse hindoue contre l’islam. Résultat, l’Indonésie, en Asie, est le pays ou la proportion de musulmans est la plus importante. Oui bon c’est vrai, nous aussi ça nous a surprises de voir des asiatiques portant le voile, mais bien que cette information soit surprenante, il y a quelque chose d’autant plus surprenant : au milieu de Java, Sumatra et Lombok, il existe une île, Bali donc, peuplée d’irréductibles hindous qui luttent fièrement. Enfin « lutter » est un bien grand mot, comme celui d' »envahisseur » d’ailleurs, disons qu’il affichent avec fierté et assiduité leurs croyances hindoues.

D’ailleurs, la légende raconte que la surface de Bali, il y a fort longtemps, n’était qu’une étendue plate au milieu de l’océan. Mais les dieux hindous, mécontents de la présence des musulmans dans le grand pays indonésien, décidèrent, non sans affront, de venir installer leur royaume ici, au beau milieu de l’océan, histoire de bien marquer leur territoire (ralalala, les dieux et leurs égos alors…). Les trois volcans majestueux qui se démarquent dans le paysage aux lever et coucher du soleil (Batur, Batukau et Agung) seraient les vestiges des trônes de leur résidence ! Rien que ça dis donc…

Qu’on croit ou non à ce mythe, toujours est-il que c’est vrai, les Balinais sont hindous et accordent une immense importance à la religion et aux croyances, dont ils nous rappellent l’existence à tout moment de la journée. À renfort non pas de potion magique du druide Panoramix, mais de petits paniers d’offrandes fabriqués en feuilles de palmes de cocotiers remplis d’échantillons de cadeaux pour les dieux. Comment ça ? Un panier garni ?!



Ouais c’est un peu comme, mais pas le genre foie gras, pâte de campagne, cerises au sirop et bouteille de vin… C’est plutôt du genre petite barquette en bois clair de la taille d’une paume de main, dont le fond est tapissé d’une feuille de bananier, sur laquelle sont disposés à loisir plein de éléments qui sont supposés faire plaisir aux Dieux là haut : y a des trucs traditionnels genre des fleurs, du riz, un bâton d’encens, et puis y a des trucs un peu plus… modernes, c’est le moins qu’on puisse dire, style une cigarette (entière, hein, pas un mégot, ‘faut pas exagérer c’est des dieux quand même !!), un Mentos, du chocolat ou encore des crackers. Après tout, si ça leur fait plaisir… 
Les Balinaises (surtout les femmes, parfois des hommes mais c’est extrêmement rare…) déposent donc ça à tout moment de la journée devant la porte de leur maison, à côté de l’autel domestique, sur le trottoir, aux pieds du temple du village, à la porte de leur boutique, sur la plage… Partout partout ! La plupart du temps ça finit par être mangé par des chiens, des chats ou des fourmis, ou alors attrapé par les vagues de la marée. Mais c’est l’occasion d’admirer cette chorégraphie gracieuse pour laquelle les belles Balinaises se parent de leurs plus beaux atours : chemisiers en dentelle traditionnelle, ceinture élégante, gestes précis et concentration extrême. Parfois, après avoir effectué ce rituel aux allures de mini-cérémonie, elles coincent une fleur fraîche derrière leur oreille et disposent du riz sur leur front, en guise de bindi, pour leur porter chance pendant le reste de la journée. 



En tout cas, ici, on ne rigole pas avec les superstitions. L’exemple le plus drôle est sans doute la taille des portes d’entrée chez les Balinais, toutes riquiquies, même pas suffisamment hautes pour un adulte de taille normale, afin que les démons ne puissent pas pénétrer dans les maisons. Comme quoi, ils sont prêts à tout pour rendre la vie difficile à ces démons ! Il y a même une journée dans l’année, pendant la fête de Nyepi, le nouvel an balinais, appelé aussi « fête du silence », où le pays se met véritablement sur « pause ». Tout ferme, les commerces, les restaurants, même l’aéroport (quoi ?? Alors ça peut vraiment fermer un aéroport ?), l’électricité est coupée dans certaines villes et il est interdit de marcher dans la rue ou de se baigner dans la mer (tous les touristes fuient cette période, ou alors ils se parquent dans leurs hôtels…). Mais dans quel but vous demandez-vous ? Simplement pour donner l’illusion aux démons que l’île est inhabitée. En leur faisant croire que leur île est déserte, les balinais espèrent qu’ils passeront au-dessus sans s’y arrêter pour les tourmenter ! C’est un peu naïf, mais c’est mignon ET malin, parce c’est un bon prétexte pour festoyer gaiement comme il se doit une semaine avant et une semaine après ! C’est pas officiel comme raison, mais on est persuadées que c’est une explication plausible…

Pour finir, on veut ajouter qu’on est tombées sous le charme de cette île simple. Et surtout de ses habitants, qui bien que superstitieux sont chaleureux et hyper adorables.
Et comme vous pouvez le constater par vous-mêmes, les représentations démoniaques (qui, soyons honnêtes sont trèèèès nombreuses), sont plutôt photogéniques !



 

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