Défi rando #2 : le Mont Batur

 Vous connaissez déjà notre passion pour l’ascension des montagnes en période nocturne… Par notre récit du Pic d’Adam ! > qui est d’ailleurs une nouvelle occasion de vous rappeler à quel point nous avons un humour pourri. 

Bref, quoiqu’il en soit, comme on ne change pas une équipe qui gagne, à Bali, on a pris (presque) les mêmes et on a recommencé ! Juju, Ingrid et la lune étaient encore de la partie, mais cette fois on a rajouté un guide, et un troisième compagnon, l’amoureux d’Ingrid (et oui il est encore venu ! Pour nous rejoindre en Indonésie cette fois…), et on a remplacé la montagne sacrée par un volcan !
Si c’est pas un peu cool ça !!?!

Réveil enclenché à 1h45 du matin, on se couche un peu trop tard mais l’estomac plein de Nasi Goreng délicieux arrosé d’un fameux jus de goyave frais. 
Et puis là encore, c’est la même histoire, on ouvre les yeux avec l’impression désagréable d’avoir du gravier sous les paupières. On grimpe dans une voiture qui empeste l’essence et dont le bruit du moteur participe à nous réveiller un peu plus, mais qui aura le mérite de nous amener sains et saufs au petit village de Batur, sur les bords du lac posé au milieu de la cuvette du volcan, à quelques kilomètres d’Ubud. 

Garés sur le parking, on avale un thé, on fait les andouilles en racontant des bêtises histoire d’achever de nous réveiller complètement ET de nous donner du courage. 



Parce qu’il va nous en falloir… Même si c’est moins haut que le pic sri lankais (Batur ne mesure « que » 1717m), ça s’annonce tout aussi compliqué, du fait du revêtement du sol : cette fois ce ne sont pas des marches, c’est du sable, et le sable, c’est meuble. Donc à chaque fois qu’on enfonce un pied pour monter, on redescend de quelques centimètres, de sorte qu’on s’épuise vite et que les cuisses commencent à brûler rapidement. Pas grave, on fera des pauses, surtout qu’on n’a pas commencé, et qu’on a déjà chaud à force de faire les imbéciles autour de la buvette des guides. 

On nous distribue des bouteilles d’eau à chacun, mais ô miracle, nous n’aurons rien a porter puisqu’on aura la chance d’avoir un porteur  (ou plutôt un mulet vu ce qu on lui a mis sur le dos) cette fois là :-). C’te classe…
On démarre donc l’ascension, en s’arrêtant pour reprendre notre souffle et admirer le panorama : les bords du volcan se détachent déjà dans le ciel illuminé par la lune, et les étoiles brillent de 1000 feux. C’est superbe.
On croise (et on dépasse, bien entendu, on commence à être un peu entrainés t’as vu…) tout un tas de personnes et on en profite pour jouer aux devinettes des nationalités. Martin gagne à tous les coups, parfois même sans les avoir entendu parler !

On grimpe, on grimpe, on ne fait que ça, on a les poumons qui brûlent et le corps qui boue mais on ne s’arrête pas de grimper. Et puis finalement, au bout de 2 bonnes heures et plus de 800m de dénivelé, on arrive au premier point de vue. Le guide nous demande si on veut monter plus haut au second, 30 minutes plus loin ?… Bien sur qu’on veut !! On est là pour ça les gars !!

On arrive au sommet pile poil pour le début du spectacle : le soleil commence à se pointer en face, juste derrière les monts Agung et Batukau. Le bonus : on aperçoit au loin en arrière plan le Mont Rinjani, sur l’île de Lombok, qui se découpe de l’autre côté de l’étendue d’eau. Ça promet d’être UN PEU BEAU !!!
Le ciel se colore lentement de nuances roses, violettes, mauves et rouges. Le ciel est comme en train de brûler et les nuages participent à dessiner cette palette de feu
  

  

  

  


On profite de ces quelques instants précieux pour en prendre plein les yeux et tenter une séance improvisée de lightpainting (dont vous verrez un peu plus bas les quelques résultats, un peu médiocres…)

  



Puis le jour se lève lentement, on déguste un petit déjeuner concocté par le guide à l’aide des fumeroles de la caldeira : un sandwich fourré à la banane cuite à la vapeur du volcan et un œuf à la coque. Une fois le soleil un peu plus haut dans le ciel, on reprend la route pour finir notre tour en traversant les 3 autres caldeira. C’est l’occasion d’apprendre que le volcan est endormi mais toujours actif : tout autour on aperçoit ainsi des fumeroles de vapeur, dont la chaleur qui s’échappe est vraiment intense. On a l’impression de toucher le souffle de la Terre, celui qui remonte du plus profond de ces entrailles. On s’émerveille à imaginer que tout au fond du trou là, c’est le cœur de la Terre qu’on peut trouver ! Il s’est réveillé plusieurs fois, dont 2 fois récemment : une fois en 1963 et en 2000. L’éruption de 1963 a fait beaucoup de dégâts, elle a même forcé le village à se déplacer plus haut pour se protéger après sa destruction « presque » totale. On dit « presque » parce que seul le temple du village a été épargné. Allez savoir par quel heureux miracle, la lave s’est arrêtée aux pieds du temple, en dessinant un cercle tout autour ! Les locaux y
 voient là un geste des dieux c’est pourquoi le site est devenu un passage obligé pour les pèlerins qui passent dans le coin. En attendant, le panorama depuis les sommets sur la vallée est éblouissant : les volutes dessinées par la lave qui a coulé il y a plusieurs années, la verdure qui reprend le dessus au milieu des traînées noires, les rizières, la surface du lac qui brille sous les rayons du soleil, les jets de vapeur entre les arbustes. C’est un paysage qu’on n’avait jamais vu auparavant !

 

  

  

Après une boucle de 6h de marche, on revient sur le parking de notre chauffeur, qui nous raccompagne à la maisonpour profiter d’un repos amplement mérité… Et désiré !!



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