Être enceinte, c’est génial !! Nan, j’déconne…

En premier, je m’excuse si je heurte la sensibilité de quelqu’un ou si je suis maladroite dans mes paroles, je m’excuse si j’ai l’air de me plaindre de mon état alors qu’une lectrice a actuellement ou eu par le passé des difficultés à tomber enceinte alors qu’elle essaye très fort, mais je vous assure que la meilleure partie dans la maternité ce n’est pas forcément la grossesse, c’est tout ce qui vient après, une fois que votre bébé/enfant est là, dans vos bras, sous votre toit, dans votre foyer, peu importe comment il y est arrivé : naturellement, spontanément, accidentellement, grâce à la science, par adoption…

Pour celles et ceux qui ne le savaient pas encore, on a un truc à vous annoncer : la famille que le ridicule ne tue pas s’agrandit, et va accueillir très bientôt un nouveau membre, parce qu’Ingrid est enceinte !!

Et oui, un petit haricot est apparu dans son bidon en novembre (enfin apparu… Ça tient pas du miracle hein, mais bon on va pas non plus vous expliquer), et depuis il ne fait que grossir, alors même si on continue à l’appeler le petit haricot il semblerait qu’il ait plus la forme d’un mini humain maintenant !
Entre temps, Ingrid a espéré très fort pouvoir accoucher d’un bébé léopard, malgré que Juju lui a expliqué qu’il y avait relativement peu de chance… Et puis sur les écrans pendant les échographies, on n’a entendu aucun ronronnement ou grognement, seulement des battements de cœur à tout rompre hyper rapides (entre 140 et 160 battements minutes, donc environ le double de nous, adultes, pour vous faire une idée) ! Alors à défaut d’avoir un bébé léopard, ce sera un bébé lion, puisqu’il est censé arriver le 8 août, 1 année pile poil après le mariage de MartIngrid 🙂

Vous devez vous en douter, si on écrit un article aujourd’hui, c’est pour vous raconter comment Ingrid vit sa grossesse, comment elle appréhende toutes les nouvelles choses qui se passent dans son corps, auxquelles elle n’était pas forcément prête et aussi pour démystifier un peu cet état en essayant de déculpabiliser les filles qui, comme elle, ne trouvent pas qu' »être enceinte, c’est AB-SO-LU-MENT FAN-TAS-STI-QUE !!! ».

Bon alors déjà, c’est juste impossible de se préparer au concept de la grossesse…  T’as beau t’imaginer comment c’est d’avoir un bébé dans ton ventre, les seins qui gonflent, te mettre un coussin sous le t-shirt pour faire comme si t’avais un gros bidon devant le miroir, t’es loiiiiiiiin du compte en fait !!! D’abord parce que chaque grossesse est unique, donc une même maman ne vivra pas forcément la même chose à toutes ses grossesses (en supposant que la première ne la dégoûte pas des suivantes mouhahahaaaa) et en plus parce que le fait de créer un être vivant est purement naturel, chimique, instinctif et animal, il ne fait absolument pas appel à notre intellect, notre cerveau, notre réflexion, c’est un truc auquel il est donc impossible de se préparer, de réviser ou de s’entraîner !!

Avant de commencer, il faut préciser une chose : tout ce qui va être exprimé dans cet article est complètement subjectif et ne reflète que l’avis et le ressenti d’Ingrid, à tous les coups Juliette ne vivra pas du tout ce que sa sœur a vécu (on ne lui souhaite pas en tout cas…), donc ses propos ne sont pas une généralité, une vérité universelle, juste un moyen d’expression personnel !

« Je ne me suis jamais sentie aussi bien de ma vie »
FAUX
Franchement, la grossesse c’est pas toujours le pied ! Pourtant on en entend des mamans, jeunes ou pas, qui balancent à tout bout de champs « Moi je me sentais teeeeeeeeeeellement bien quand j’étais enceinte, j’étais bien, j’ai adoooooooooré ça !!!! ». Et toi t’es là, en face d’elles, dépitée, en train de te demander ce qui cloche chez toi, pourquoi toi, tu kiffes pas ta life comme toutes les autres ? Pour te rassurer, tu peux te dire comme moi que ces femmes là, soit elles mentent pour « faire bien », soit elles te cachent la vérité pour pas te décourager de la suite, ou alors elles ont juste oublié, tout simplement ! Puis tu rencontres aussi des futures mamans qui vivent les choses de la même manière que toi, et là tu te dis que finalement tu n’es pas si seule dans le mal que ça !

Donc t’inquiète, t’es tout à fait normale, parce que bon, soyons honnêtes, la grossesse c’est pas si chouette (en tous cas pour moi), et je m’en vais t’expliquer pourquoi. Les avantages de la grossesse ne sont pas TOUS flagrants, surtout au début (t’as du mal à en voir tout court en fait… Si ce n’est de se réjouir entre 2 vomis/dodos du fait que tu vas avoir un petit « nous », le fruit de notre amour) :

Les trois premiers mois
– t’as la gerbe tout le temps
– tu ne supportes AUCUNE odeur, même la tienne, celle des tes produits de beauté, de ta cuisine préférée ou encore celle de ton mari
– tu dors à peu près… tout le temps !
– t’as une paire de seins énormes et tu ne supportes pas de porter un soutif, ni de ne pas en porter d’ailleurs > ça donne de l’appétit à ton chéri mais toi t’es tellement dans un état bizarre avec tes nénés endoloris, complètement shootée aux hormones que t’es à peine capable de te lever pour faire pipi toutes les heures sans finir la tête dans la cuvette…
– tu es à fleur de peau, en mode Jean qui rit, Jean qui pleure, Jean qui dort > c’est comme ça qu’on a commencé à se douter d’un truc avant de faire le test du pipi, j’étais encore PLUS CHIANTE que d’habitude (c’est dire… Heureusement qu’on s’est mariés pour le meilleur et pour le pire hahaha !)
– tu dois attendre un peu avant d’annoncer à tout le monde la super nouvelle, alors que toi à l’intérieur tu trépignes d’impatience
– tu dois tenir ta langue alors que ce serait un moyen d’expliquer pourquoi tu es exécrable et pourquoi tu maigris parce que tu ne peux rien avaler qui te transforme en Vomito les 10 minutes suivantes
– tu apprends par coeur les prénoms de toutes les secrétaires médicales et infirmières du laboratoire le plus proche de chez toi et tu leur demandes si elles ont pas une carte de fidélité, parce que tu vas les voir trèèèèèèèèèèèèèès souvent
– tu t’habitues aux rendez-vous médicaux troooooop super, en dose mensuelle voire plus, genre les prises de sang à répétition, les pipis dans un mini pot, les échographies et touchers vaginaux… Toutes les joies qui contribuent à te faire te sentir teeeeellement bien !
– tu apprends à prendre de la distance par rapport à ce que le personnel médical te dit, te conseille, t’impose à tort ou à raison (euuuuuuh, c’est pas censé être un truc naturel de faire un bébé ? Pourquoi c’est aussi médicalisé là ???)
– tu fais le deuil du vin, du chèvre frais et des légumes crus grignotés à la va vite dans les allées du marché par peur de bouffer de la terre et de te choper la toxoplasmose qui peut rendre ton bébé aveugle
– tu imagines le pire parce que tu ne sais pas à quoi t’attendre et que tu entends des choses horribles (en vrac, quelques exemples : on va te découper le périnée, tu vas perdre tes dents, tes cheveux et tes ongles après l’accouchement, des tâches vont apparaître sur ton visage à vie si tu t’exposes au soleil, tu vas avoir des hémorroïdes, tu vas saigner des gencives, avoir un œdème, les jambes gonflées, les chevilles en poteaux, faire des insomnies, être incontinente, tu seras zébrée de vergetures, on va te cercler le col de l’utérus si tu fais trop de voiture, tu vas mettre en danger la santé de ton bébé si tu continues à être végétarienne -genre je vais recommencer à manger de la viande rouge POUR mon bébé, non mais GROS LOL- >>> au passage, au nom de toutes les femmes enceintes pour la première fois, je tiens à remercier tout ce monde de nous rassurer, nous futures mamans qui avons des bouffées d’hormones et qui gérons hyper mal les émotions, surtout les négatives, c’est sympa et hyper rassurant d’entendre ce genre de choses. S’il vous plait, arrêtez ça, ça ne nous aide pas, mais alors, vraiment pas du tout !!)
– tu apprends plein de nouveaux mots/abréviations, et ton mari aussi, sinon les conversations deviennent rapidement difficiles puisque ta vie de couple ne tourne quasiment qu’autour de ça : HCG, SA, SG, DPA, toxoplasmose, primipare, PC, PS, HPGO, albumine, écho morpho, DME, HIN… On enrichit notre vocabulaire quoi !

C’est pas top non plus au milieu
– tu es essoufflée comme un buffle quand tu montes les marches de chez toi, et c’est pas très cool quand tu passes tes journées sur le canapé mais que tu dois monter aux toilettes 10 fois par jour
– tu découvres ce qu’est une hémorroïde (oui oui, c’est féminin comme mot…), chouette ! Ben c’est la joie, le plaisir, c’est l’épanouissement quoi ! Et puis tu perds le peu de dignité qu’il te reste en demandant à ta soeur de regarder à quoi ça ressemble et de te le décrire parce que t’arrives pas à la voir toute seule avec ton miroir (oui oui, j’ai essayé… Quand je vous dis qu’on perd le peu de dignité qu’il nous restait, c’est pas une blague !! Mais après tout, le ridicule ne tue pas si ?)
– tu grossis (c’est que le début, mais ça fait bizarre !!)
– t’arrives plus à rentrer ton ventre : donc t’es dans une espèce de situation ambivalente où les gens que tu croises savent pas si t’as trop mangé, trop bu, si t’es ballonnée ou enceinte… La bonne nouvelle c’est que tu peux le dire pour éviter les moments gênants 😉
– tu commences à avoir mal au ventre (oh bâtard, ça tire vachement à l’intérieur !) et au dos, t’as du mal à rester debout longtemps, mais comme ça se voit pas trop, t’oses pas t’incruster dans la file à la caisse prioritaire, donc tu dois te caresser le ventre comme une femme enceinte (parce que c’est ce que t’es ma vieille) pour bien faire comprendre aux gens que OUI OUI tu es bien prioritaire !
– tu trouves aucun vêtement qui te va ! Je dis pas « qui te mette en valeur », ça non, c’est fini, tu laisses tomber pour quelques mois, mais juste un vêtement dans lequel tu rentres et qui ne te donne pas l’impression de te scier le ventre quand tu t’assois
– la ceinture dans la voiture t’oppresse, alors t’essaies de trouver des stratégies pour qu’elle arrête de t’appuyer comme ça sur le ventre, mais bon du coup le principe de sécurité est un peu nul, c’est bête !
– ton appétit revient et tu as des envies bizarres, voire des « obsessions culinaires » telles que la pomme de terre (sous toutes ses formes : vapeur, sautées, grillées au four, en purée, frites, en forme de gnocchis, de chips…), le brie, les olives, les fruits quels qu’ils soient, en quantité astronomique, et le chocolat
– ta libido remonte en force mais ton gynéco t’explique que « les rapports trop bestiaux et brutaux (appelés aussi « déclenchement à l’italienne » lorsqu’ils sont pratiqués vers la date de terme) sont déconseillés car ils font raccourcir ton col »… AH.
– tu dois ralentir ton rythme de vie parce que t’es fatiguée du moindre effort, alors qu’en vérité t’as arrêté toutes tes séances de sport habituelles et le seul effort que tu fais c’est le ménage et la lessive de la semaine, la vaisselle et les trajets cuisine-salon-toilettes
– tu dois supporter les questions indiscrètes/conseils/avis/expériences/doutes/peurs/tentatives de culpabilisation d’à peu près tous les gens que tu croises partout, ça va des membres du corps médical aux inconnues à la caisse du supermarché quand tu discutes avec eux (surtout quand toi tu n’as pas choisi de faire comme eux… C’est vraiment fatiguant de devoir justifier sans arrêt chacun de tes choix, franchement !)
– tu dois prendre sur toi pour ne pas faire des prises de kung-fu à tous les gens qui ont l’envie déplacée de caresser ton ventre sans te demander ton avis, même les inconnues à la caisse du supermarché (sérieusement, ça te dit quelques chose « sphère privée » ?)
– tu commences à dire « au revoir, à bientôt j’espère » à tes abdominaux (bon au moins, ça te prouve que t’en avais, même si, comme chez moi, c’était pas flagrant à la base)

Et puis c’est pas vraiment l’extase à la fin non plus
– t’es obligée de rouler pour sortir de ton lit, du canapé ou de la voiture
– t’es à 2 doigts d’envoyer un CV à Marineland parce que tu te dis que tu serais vachement bien dans le grand bassin avec tes copines les baleines > ça marche aussi au zoo avec les éléphants et les hippopotames
– tu ne vois plus le bas de ton corps, de ton pubis à tes pieds
– tu as peur de faire un malaise quand tu te penches pour fermer tes chaussures ou te couper les ongles d’orteils
– tu ne peux plus passer l’aspirateur sans avoir l’impression qu’on te laboure les lombaires alors que t’es super maniaque et que t’aimes bien quand le sol est propre
– tu dois garder ton calme face à la cliente insupportable qui te passe devant alors que t’es clairement enceinte sous prétexte que « tu n’as pas de carte de handicap, toi, et que de toute façon, être enceinte c’est pas un handicap, ou alors bien moins grave que le sien »
– les exercices de Pilates que ton bébé adoooooooore faire dans tes intestins le matin te donnent une envie irrépressible de péter ou de courir aux toilettes
– tu dois freiner tes envies de claquer tout ton argent en langes, bodies, doudous, déco et autres mignonneries > ben quoi ? Je nidifie OK ? Mais je vous jure tout est trop mignon aussi…
– tu te poses un millier de questions sur ta capacité à faire sortir ce bébé qui te semble énorme sur l’écran du docteur par un aussi petit orifice
– tu t’en poses un millier de plus sur les choix et décisions qui le concerneront quand il sera là (vaccins, vitamine D, alimentation, médicaments, poussette, écharpe, couches, lingettes, savon…)
– tu commences à psychoter sur le masque de grossesse et les vergetures qui pourraient décider de se pointer, même au dernier moment
– t’as le hoquet… Enfin pour être plus exacte, ton ventre a le hoquet ! Quel glouton ce petit haricot !!
– tu essayes (et tu achètes) des soutiens-gorges d’allaitement : le truc le moins flatteur et le plus dégueulasse qu’on ait créé en terme de lingerie (en top 1, même avant la gaine… Qui semble sexy à côté de ce machin !!)

Bref, quand tu fais la liste, comme ça, tu comprends pourquoi t’as hâte que ce soit fini, et même si tu as conscience qu’il faut être patiente parce que ce bébé a encore besoin de rester au chaud pour être en bonne santé, tu te dis que tu languis du jour où il sera dehors ce petit être, pour pouvoir le rencontrer, le câliner, le bisouiller, interagir avec lui, lui apprendre des trucs, le présenter à son papa et les observer avec des coeurs dans les yeux (et peut-être 1 ou 2 larmes aussi…) quand ils se seront retrouvés :-).

Et oui, car cette aventure de la grossesse je ne la vis pas SEULEMENT avec le papa, qui est parti 4 mois cet été pour le travail et qui ne pourra donc pas assister physiquement à la naissance. Je partage la fin de la grossesse et le début de ma vie de maman avec… Juliette !!!! Hahahahaaaaaa, quand on vous dit qu’on fait beaucoup de choses ensemble, on rigole pas nous !!! En partant, Martin a confié à Juju l’énorme responsabilité de le remplacer pendant les dernières semaines où il ne pourra être présent, pendant l’accouchement, et les quelques semaines après la naissance le temps qu’il revienne en France, relayé par le reste de ma famille quand elle en aura marre (elle est déjà sur le point de craquer, je vous préviens). Ma soeur jouera donc le rôle de papa de substitution lors du moment crucial, l’accouchement, ce qui est plutôt drôle quand on se rappelle qu’en Asie on nous a souvent fait remarquer que notre complicité laissait penser qu’on avait sans doute été en couple dans une vie antérieure… Quoi ? On aurait une histoire à boucler dans cette vie-là ? Oui sans doute, mais quand Juju a accepté sa mission, ni elle ni moi ne savions dans quoi nous nous embarquions, parce que comme vous savez, on aime bien faire les choses à notre manière, remettre en question certaines choses, essayer des nouveaux trucs 🙂
Du coup j’ai poussé ça à la décision de mettre ce bébé haricot au monde non pas dans une maternité, mais à la maison ! Heureusement Martin a été tout de suite partant (et même enthousiaste) pour ce projet, et ce qui a fini de nous décider a été la rencontre d’une sage-femme passionnée trop géniale, hyper compétente, rassurante, qui nous apprend plein de choses intéressantes, avec qui le feeling est passé tout de suite et en qui nous avons une totale confiance (article à venir, soyez à l’affût) ! Du coup, Martin a passé le flambeau et Juju et moi assistons ensemble à la fin des cours de préparation à l’accouchement : échanges, vidéos, questions, schémas, reconstitutions, simulations, explications, la sage-femme ne compte pas ses heures et c’est un régal de passer tout ce temps avec elle à lui poser les centaines de questions bizarres auxquelles elle s’efforce de répondre avec la plus grande patience.

Je l’ai évoqué plus haut, si la grossesse m’a appris un truc et sur lequel elle m’a forcée à travailler (et Dieu sait au quel point j’en ai besoin), c’est bien la patience ! Une grossesse ça dure 9 mois, pas (beaucoup) moins ! Et c’est pas pour rien… Chaque étape, chaque semaine, chaque jour a son importance dans le développement du bébé, de son enveloppe physique, mais aussi de son âme, et on a tendance à l’oublier, ça joue aussi un rôle dans la préparation psychologique des parents : l’arrivée d’un bébé n’est pas soudaine, et même si elle est souhaitée, elle chamboule pas mal de choses, des choses auxquelles il faut un peu de temps pour s’adapter, en tant que personne, que couple, que famille et que foyer. 9 mois ça paraît presque trop court, surtout vers la fin, quand tout s’accélère, et que tu peux avoir l’impression un peu flippante de ne pas encore être prête ! D’ailleurs c’est tout bientôt là… Allez ! Encore un mois pour se préparer psychologiquement, pour trouver la force et la confiance de te dire que TU PEUX LE FAIRE, tu peux réussir à le faire sortir même s’il te semble énorme ! Et puis quand tu réfléchis, 9 mois c’est quand même vachement rapide pour fabriquer un être humain non ? Surtout que tu le fabriques juste comme ça, en faisant rien, ça donne un peu l’impression d’avoir un super pouvoir magique : tu peux créer quelqu’un, purée, c’est OUF quand même !!! La nature est tellement bien faite…

Pour finir sur une note comique,  allez voir le sketch de Florence Foresti, c’est hyper drôle !! Et serrez bien votre périnée quand vous rigolez, sinon vous allez vous faire pipi dessus !!

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Se couper les cheveux soi-même en 5 étapes

Le dimanche cheveux est de retouuuuuuur 🙂

Les plus futiles seront ravies, aujourd’hui nous parlons de cheveux…
Et de coupe !

Il y a 2 ans, j’ai passé un pacte avec moi-même : j’ai décidé que je ne me couperais plus les cheveux. Je l’expliquais dans cet article nommé « confessions d’une accro aux cheveux », et le résultat est donné dans celui-là.

Mais, très vite rattrapée par la réalité, j’ai dû faire preuve de pragmatisme et abandonner mes convictions (bon pas TOUTES hein) : non, avoir les cheveux jusqu’aux fesses, ce n’est pas pratique.
Si toi aussi :
– tes cheveux se coincent dans les portes, les fenêtres, les portières de voiture, tes pulls au moment de les enlever, tes écharpes et les ceintures de sécurité
– les gens s’assoient dessus quand ils s’assoient à côté de toi
– ils trainent sur le sol et ramassent toutes les saletés quand tu es assise par terre
– tu reçois des messages de 5 personnes de ton entourage dans la même journée disant « Juliette j’ai des cheveux à toi dans mon lit/sur mon manteau/dans ma voiture/sur mon parquet/dans le gâteau que t’as fait, il faut vraiment que tu les coupe j’en peux plus »
Ben il faut se rendre à l’évidence et accepter le boomerang : VOS CHEVEUX SONT TROP LONGS.

Faut dire aussi qu’en voyage, il avaient pris 15cm en 5 mois (si si, je vous jure) et c’était pas trop dérangeant à 12000 km de chez moi, mais à mon retour c’était moins pratique, et laver 80cm de cheveux un jour sur deux n’était ni écologique, ni économique, ni bon pour mes cheveux.
Et puis là j’étais arrivée à un point ou j’avais l’impression d’avoir des lianes sur la tête.

Partisane de longue date du non-coupage de cheveux, autrement appelé « hippisme » ahah, et bien j’ai décidé de rompre ce cercle : je me coupe les cheveux. Et pire, je vous montre comment faire.
Alors la troisième fois que j’ai dû les couper (en 6 mois) j’ai resorti mes ciseaux, et mon appareil photo, pensant que vous montrer comment je fais serait une bonne idée.

ATTENTION :
Je ne suis pas professionnelle, et je vous donne ma technique qui peut-être ne fonctionne pas sur les cheveux très bouclés, très fins. Je vus fait seulement part de mon expérience 🙂
Cette méthode de coupe de remplace pas non plus un rendez-vous chez le coiffeur quand on veut complètement changer de tête.

1 – Bien se brosser les cheveux
Couper sur cheveux sec est mieux, parce qu’on peut directement voir le résultat et ajuster si besoin.

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2 – Faire une queue de cheval au dessus de la tête
Plus la queue est haute, plus le dégradé sera accentué. Inversement, plus elle est basse, moins le dégradé sera important.
Faire attention à bien prendre TOUS les cheveux.

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3 – Prendre le bout de la queue de cheval et couper la longueur dont vous voulez vous débarrasser
Attention, vous allez peut-être avoir l’impression de couper beaucoup la première fois que vous le faites.
Je n’ai pas de ciseaux de coiffeur malheureusement, mais si vous en avez un c’est beaucoup mieux.

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4 – Admirer le travail
Tadaaaaaaaa

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5 – Avant/Après
Et le mieux dans tout ça, c’est de voir avant et après !
La différence n’est pas flagrante cette fois, je voulais surtout désépaissir ma tignasse 🙂

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Un mariage !

On vous disait récemment qu’Ingrid avait annoncé au retour d’Asie qu’elle et son fiancé avaient décidé de se marier l’été suivant le voyage… Laissant à l’organisation très peu de temps pour se monter !

Mais toute la famille et les amis ont mis la main à la pâte et se sont organisés pour réaliser ce super challenge : préparer un mariage avec plus de 150 invités en 3 mois ! 3 mois, 3, mois, 3… moaw, comme dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ? Oui. 3 mois donc, c’est à dire le même délai que Cléopâtre laisse à Numérobis pour construire à César un majestueux palais qui l’épatera et lui fera reconnaître la puissance et la grandeur du peuple égyptien.

Sauf que voilà, nous, on n’avait pas la potion magique de Panoramix ! En fait, on avait un truc encore mieux que ça : l’implication, la bonne volonté et l’amour de notre famille ont été (et le sont encore d’ailleurs !) des moteurs bien plus puissants que le contenu de la marmite du druide ! Comme Obélix, tout le monde semble être tombé dedans très petit, car l’énergie déployée pour faire de cet événement un moment merveilleux a été considérable !
Organiser un mariage en quelques semaines n’a pas été de tout repos, surtout que le marié était absent pendant la moitié de ces 3 mois, mais on y est arrivé. Et ce weekend d’août a été un des meilleurs de nos vies. Un moment magique, unique et vraiment génial !

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Et, pour tenter de nous rattraper de notre long silence, voici quelques clichés du week-end.
À noter quand même quelques « stigmates » que notre voyage a laissés : danse Bollywood mettant en face-à-face les garçons et les filles, avec kurtas, saris, bindis, moustaches indiennes et bracelets de chevilles à grelots, bataille de poudre colorée rappelant Holi, la fête des couleurs indiennes. Le buffet du repas était végétarien bien entendu, et nous avons disposé ça et là quelques détails rigolos et insolites : une pièce montée de fromages à la place des choux à la nougatine (que nous avons goulûment avalée à 5h du mat’), de la lavande plutôt que du riz (non mais c’est quoi cette tradition pourrie au nom de laquelle on jette de la nourriture sérieux ?!?), des fioles d’huile d’olive infusée au romarin au lieu des dragées, une Méhari blanche en guise de carrosse des mariés et surtout un moine bouddhiste à son volant (c’est ce que le prêtre a cru en tout cas), un trampoline tzigane géant tissé de laine et même la venue d’un groupe internationalement connu : les MAROON 5 (prononciation : « Marron Cinq ») !
Bref, ce mariage était à la hauteur des espérances des deux amoureux, qui n’arrêtent pas de répéter que « ce week-end était parfait, c’était le mariage de nos rêves ».
Longue vie à eux, longue vie à l’amour, plein de bonheur et de petits MartIngrids !!

Enfin, pour la petite anecdote, c’est Juliette qui attrapé le bouquet…

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PS : Ingrid et maman sont tellement rodées qu’elles ont même pensé un moment ouvrir une affaire de conseils en wedding-planning, histoire de partager tout le savoir-faire acquis en très peu de temps, mais néanmoins maîtrisé à la perfection ! Elles sont maintenant bien rodées aux éléments aussi techniques que la comptabilité (budget), les ressources humaines (attribution des tâches, mise en valeur des compétences de chacun), la maîtrise d’ouvrage (ateliers DIY), la direction des achats (décoration, vaisselle, cadeaux, matières premières, alimentation), la négociation commerciale (on est devenus des requins de la finance), la gestion de projet (en l’occurrence de l’événement en lui-même), ou encore l’analyse de l’offre et de la demande, donc tout à fait disposées à répondre à vos questions concernant ces domaines, à l’échelle du mariage bien entendu. 

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Crédits photos : Harold Roger – http://hhhaaarold.tumblr.com/http://thebestinternship.com & Famille Delory. 

La jolie Puja s’est mariée

Vous vous souvenez du premier article de notre TDA ? Il avait pour sujet la jolie Puja, la première rencontre qu’on a faite dans notre voyage. Si vous ne vous l’avez pas lu, ou si vous ne vous en souvenez plus, le voici.
Et bien dans cet article, on vous annonce qu’elle a réussi à… SE MARRIER avec son amourex, envers et contre tous !!!! Et on a même un cadeau pour accompagner cette heureuse nouvelle : des photooooooos !

Vous pouvez lui souhaiter tout le bonheur du monde !!!!!!!

   
         

Les baroudeuses

Un jour l’amoureux d’Ingrid lui a dit « tu es superbe avec tes talons de 12cm et tes belles robes, ça me fait d’autant plus kiffer de me dire que pendant des mois tu vas vivre comme une clocharde ». Sur le coup, elle a rigolé, fort, sans prendre la mesure de ce que « voyager longtemps en n’ayant pour fidèle compagnon qu’un sac de 15 kilos dont seul le cinquième du contenu est consacré à tes vêtements et sous-vêtements » signifiait réellement.

Voici donc une liste des trucs dégueux auxquels nous avons été confrontées pendant ce voyage (malheureusement non-exhaustive, parce qu’il est loin d’être fini et on est sûres de pouvoir faire pire…). Non, on ne va pas vous faire croire que le voyage c’est QUE trop génial, y a aussi des moments où tu es à deux doigts (mais alors vraiment deux doigts, genre plus un doigt et trois quarts que deux même…) de perdre définitivement le peu de dignité qu’il te reste… Mais souvenez vous, le ridicule ne tue pas !!

NB : autant vous prévenir tout de suite, nous avons fait un pacte, nous ne révélerons JAMAIS (même sous la torture…) qui de nous deux a fait quoi !!!

– se couper les poils des jambes avec une paire de ciseaux

– renifler les aisselles de son tshirt après 5 jours et se dire « oh ça va, ça tiendra bien un sixième ! »

– faire renifler ce même tshirt à l’autre pour obtenir son approbation, et l’avoir

– se brosser les dents à l’eau (du robinet bien sur…), parce que défaire son sac juste pour du dentifrice c’est vraiment pour les crâneurs !

– attendre 20 jours avant de stériliser sa coupe menstruelle

– faire tomber un quartier de clémentine sur le sol d’une gare indienne (je sais pas si vous avez déjà vu une gare indienne, mais sérieux, c’est hardcore !!), le ramasser, souffler dessus vite fait et le gober

– avoir la flemme de faire une lessive et repousser au lendemain le nettoyage d’une fiente de corbeau sur ton tshirt (oui, la procrastination existe aussi en voyage…)

– être obligée de faire pipi dans la douche de la salle de bain parce qu’il y a des bestioles vraiment bizarres qui remontent sur les parois des toilettes

– faire tomber son savon dans les toilettes parce que la cuvette est juste à côté de la douche, récupérer le savon et se laver avec

– rentrer dans des toilettes turques pieds nus, ou pire… Rentrer dans des toilettes turques d’aire d’autoroute indienne pieds nus !

– ne pas se laver pendant 4 jours parce que l’eau est froide et qu’il fait 5 degrés dehors.

– se faire vomir parce qu’un truc n’est pas passé, et savoir qu’attendre que ce soit digéré vaudra bien plus de peine que deux doigts dans la gorge

– essayer des fringues dans la rue et se rendre compte 24h après que certaines parties de son corps sont recouvertes de piqûres et de boutons rouges qui grattent et brûlent. Voir que les boutons dessinent la forme des vêtements essayés et réaliser que ce sont des piqures de puces…

– trouver une bébête morte dans son riz, la mettre de côté et continuer à s’empiffrer jusqu’à trouver la prochaine (ouais enfin en priant quand même de pas en retrouver… On est végétariennes après tout !)

On a testé pour vous (mais surtout pour nous) : Le massage Thaï

L’autre jour, on s’est offert un massage… Genre on était lasses de la vie et on s’est dit « c’est bon, OK, c’est aujourd’hui qu’on fait péter le joker ». Alors on est entrées dans un salon de massage et on a demandé 1h de bouléguage. Bon non, en réalité le terme officiel pour désigner cette heure de détente était « massage thaï ». Mais dans la pratique, une femme te boulègue dans tous les sens pendant 60 minutes.

Pour ceux qui ne connaissent pas la signification de ce terme d’origine patoise occitane/provençale, on vous invite à lire la définition trouvée sur internet. « Bouger, secouer, remuer ». Difficile de le traduire correctement en français français, mais, mis en situation le verbe donne des trucs du genre « Boulègue-toi ! » (= dépêche toi !), « J’ai envie de te bouléguer » (= j’ai envie de te papouiller énergiquement) ou encore « J’ai bien boulégué la pâte à quiche » (= j’ai bien pétri la pâte à quiche). Ici, c’est plus dans cette dernière acception qu’on l’entend !

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En gros, pour résumer elle te masse de partout, des orteils aux cheveux, en passant par les genoux, l’aine, les fesses, le visage et les oreilles… Côté pile, puis côté face ! Avec craquage d’articulations en cadeau : doigts de pieds, phalanges, chevilles, poignets, bassin et cou (surtout cou en fait…) !
Après un pétrissage en bonne et due forme recto verso, elle teste ta souplesse en tirant sur tes membres et tes muscles, et va même jusqu’à te marcher dessus. Lorsqu’on tournait la tête sur l’autre, il nous est parfois arrivé d’exploser de rire à la vue de positions dignes du plus audacieux des kama-sutras ! Ventre au sol, les jambes enroulées autour de celles de la masseuse, ses genoux posés sur les cuisses et ses mains enfoncées dans les fesses (nan SUR les fesses les mains, pas DANS les fesses… Rolala !!) buste penché sur la nuque pour décoller le bas du corps. Bref un truc inexplicable et vraiment difficile à reproduire.

Pourtant, même quand ta sœur se tourne, te regarde avec des yeux exorbités et te dit « Euh, ma sœur, je crois qu’une thaïlandaise est actuellement debout sur toi… », tu t’en fous parce que ça fait du bien ! Et puis tu te mets à remercier le ciel que les Thaïlandaises soient si petites et menues. Mais qu’est ce qu’elle sont fortes !! Parce qu’il en faut de la force pour manipuler un corps de 70 kilos comme elles l’ont fait…

Par contre, quand elle t’attrape la tête avec ses deux mains pour la faire craquer dans un geste aussi énergique que surprenant, tu redoutes un peu le même geste de l’autre côté parce que tu sais à quoi t’attendre… « Je te jure je souffre, je souffre vraiment. Mais je sais que c’est pour mon bien. *CLAC* Aaaaaaah, bon ben je suis officiellement invertébrée. »

Et quand elle s’appuie sur ton dos avec tout le poids de son corps alors que tu es assise les jambes écartées (vous savez, c’est un peu le même étirement d’après l’heure d’EPS, celui qui brûle entre les jambes et derrière les cuisses, sauf quand vous êtes danseuse ou gymnaste…), tu n’es même pas étonnée de lancer « ah ben c’est sûr qu’en sortant je serai souple hein si tu m’étires comme un chewing-gum… » !

Parfois, ce sont même des hommes qui font le boulot… Et autant vous dire qu’ils le font vraiment très bien !!! Chaque os de ton corps sans exception craque, et t’es anesthésié de la vie tellement l’heure a été éprouvante…

Quand ça fait mal, il suffit de souffler et de se relâcher (croyez-nous, ça sert à rien de lutter…), et quand ça fait du bien, on sombre doucement dans la phase drôle d’avant le sommeil.

On sort de là détendues et toutes légères, en attendant avec impatience le prochain. Ben oui, à 5€ le massage, croyez-nous on va pas s’en priver !

PS : on a aussi enchaîné avec une pédicure, parce que ça faisait 3 mois qu’on n’avait pas porté de vernis aux doigts de pieds, que ça va faire ressortir le bronzage et que ce sera vachement plus photogénique quand on voudra vous narguer avec nos petons enfouis dans le sable fin au bord de la mer limpide ! 🙂

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Être une femme en Inde

Être une femme en Inde, c’est vraiment craignos. Et on vous parle pas d’être des voyageuses en Inde, parce que ça c’est différent et c’est pas SI pire que ça. Les hommes sont souvent curieux, et posent plein de questions. Mais ils savent que dans notre culture ils n’ont pas la même place que dans la leur, ils ont donc une attitude plutôt neutre avec nous, et nous acceptent facilement dans leur quotidien (en même temps ils ont pas le choix, on va pas se priver de manger parce que c’est un endroit où il n’y a que des hommes…). Après, il y en a certains qui nous fuient, qui se lèvent dès qu’on s’assoit a côté d’eux, qui n’osent pas nous regarder dans les yeux ou même nous parler… Et d’autres qui pensent à tort que parce qu’on est européennes, on est ouvertes à toutes les propositions. Mais ceux-là on les remballe vite fait et ils ne sont pas plus insistant que ça.

Mais naître femme dans ce pays, en revanche, c’est vraiment un coup de malchance. Pour vous résumer un peu la situation, il y a un dicton indien qui dit :
« Élever une fille c’est comme arroser le jardin de son voisin. »
En gros, ça sert à rien et ça te fait perdre de l’énergie, du temps et de l’argent.
C’est plongées dans cette idée que la plupart des femmes grandit ici… De quoi s’épanouir n’est-ce pas ??
On va vous décrire un peu ce qu’on a observé, entendu (de la bouche de femmes, ou pas) et lu a propos de la vie des femmes ici, pour vous donner une idée.

Déjà les femmes dans ce pays, se chargent de toutes les tâches physiques : porter des trucs lourds, bâtir des murs, construire des routes… Pendant que les mecs autour les regardent en buvant du chai et en mâchant du bétel qu’ils crachent dégueulassement à leurs pieds. Néanmoins on va partir du principe que si les femmes sont les égales des hommes (et c’est le cas !), elles peuvent tout à fait faire ce genre de boulot, donc ce ne sera pas l’objet de cet article.
Non, nous on va plutôt vous parler de la place de la femme dans la société, comment cette dernière la considère socialement.

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De sa naissance à sa mort, elle dépend d’un homme : son père, puis son mari et enfin son fils. Et quand elle est veuve, on vous en parle même pas, au mieux elle finit dans un hospice, au pire elle finit à la rue ou dans la ville aux 15000 veuves.
Donc on résume : quand tu nais, tu dépends de ton père qui décide si tu dois aller à l’école, si tu dois t’occuper de tes frères et sœurs ou si tu dois travailler, et qui choisit avec qui tu dois te marier. Une fois que t’es mariée, t’as intérêt d’être tombée dans la bonne famille parce que t’es obligée de vivre avec eux dans la même maison et supporter ta belle-mère qui est souvent une marâtre parce qu’elle se venge de toutes les brimades qu’elle a subies pendant sa vie de mariée, et la belle-fille est la jeune proie idéale.
Évidement une fois mariée, la faire travailler est hors de question, elle est bonne pour rester à la maison et s’occuper de la marmaille, faire la vaisselle, la lessive et la cuisine (tout ce qu’une femme est destinée a faire n’est-ce pas ?… Gare à ceux qui acquiescent à cette interrogation rhétorique !).

En discutant avec un indien un jour à propos de la conception de la famille en Inde et en France, il nous a dit mot pour mot :
« Le problème chez vous c’est que maintenant les femmes travaillent. Du coup les enfants se sentent abandonnés et les familles de séparent vite. »
Alors EXCUSE-NOUSmais déjà la famille ne repose pas SEULEMENT sur la mère, et en plus si les enfants partent de chez eux à 18 ans, c’est pour faire des études. Et on n’est pas sûres que ce soit un problème que les femmes fassent des études et gagnent assez leur vie pour être indépendante… Après je comprends que ça fasse peur aux hommes qu’elles soient leurs égales…

Bon, ça, c’est les pires des cas évidemment. Et dans l’histoire, des femmes se sont révoltées contre ce tas d’injustices illégitimes et ont montré l’exemple. On remarque donc que beaucoup de femmes indiennes se sont libérées de ce schéma restrictif qui les prive de leurs libertés, et ça c’est coooooool. Les jeunes se battent pour se marier avec leurs amoureux et pas n’importe quel étranger qui plait à leurs parents, certaines ont des enfants hors mariage, d’autres ont même réussi à se sortir des griffes de leurs bourreaux en divorçant, ou disant merde à leur père… YOU GO GIRL.

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Mais les mariages arrangés sont toujours monnaie courante, parce que ça arrange tout le monde (sauf les mariés). On s’est questionnées à propos de ça un bon nombre de fois, et on ne peut pas compter les heures qu’on a passées à débattre sur le sujet. Alors on en est venues à la conclusion que c’est une question de société et de schéma social. Si les citoyens indiens encensent et perpétuent cette pratique qui nous paraît injuste et périmée, c’est parce qu’ils ont une autre idée de la famille « idéale ». Pour eux, le mariage est un contrat passé entre 2 personnes qui s’associent pour faire des enfants et s’épauler une vie entière. Et c’est en vivant ensemble qu’on apprend à s’aimer (ou pas).
La différence avec notre vision des choses, c’est la place de l’amour. En France, et en Occident plus généralement, l’amour est le moteur de toute relation de couple, on suit notre coeur et pas des dictats ancestraux… L’argument des indiens c’est que nous on a des divorces, et des familles qui se déchirent, des enfants qui souffrent, alors qu’eux sont ensemble ni par choix ni par envie. C’est alors difficile de dire ce qui est mieux. C’est un phénomène dont il est difficile de tirer des conclusions… Disons juste que c’est « une autre culture » !

Évidemment, vous l’aurez compris cet article n’est absolument pas objectif. Il est juste écrit par deux filles françaises assez révoltées de voir que dans un pays on pense encore comme ça ! Mais amusées de voir qu’à une file réservée aux femmes (« ladies only », comme il existe des compartiments dans les trains, les métros et beaucoup de lieux publics), une dame culottée et énervée de voir que beaucoup d’hommes faisaient la queue, les dépassera sans gêne et virera d’un geste brut du coude l’homme en train d’acheter ses tickets de métro en lui montrant le panneau affiché au dessus de sa tête d’un air de dire « non mais tu sais pas lire ou quoi ? » !
Les choses changent, les choses changent, et ce n’est pas un mal !!

Le soir où on a travaillé dans un mariage indien

« Allo, yes we would like to know if we could play in a Bollywood movie tomorrow. »
« I don’t have any Bollywood movie tomorrow but there’s a huge wedding and we need western girls to welcome the guests. You’ll wear saris, you know saris ? »

On appelait comme ça, le jour pour le lendemain, juste pour rire, et pouvoir réaliser un rêve dans notre rêve : jouer dans un Bollywood. Ce n’est pas ce qu’on a eu, mais on a eu mieux : assister a un mariage indien, en portant un sari. Parfait.

« Rendez-vous à 16h devant votre hôtel, on vous habillera et vous maquillera, puis la réception commencera à 19h. A 23h vous aurez terminé, vous pourrez alors profiter du buffet du mariage et à minuit vous serez de retour chez vous. Je me chargerai de vous amener, de vous surveiller durant la soirée et de vous ramener. »

Ouais ouais ouais c’est trop génial !!!!!
Donc on se prépare, on attrape une paire de sandales jolies et l’appareil photo, puis on se présente au rendez-vous. Ismaïl est là, mais nous dit que nous allons partir avec son assistant parce que lui doit être a un autre mariage : on prendra le taxi pour aller a la gare, puis le train pour gagner du temps et traverser Mumbai, et enfin un rickshaw pour arriver au lieu de l’événement.
Euh ça sent un peu l’embrouille là nan ??? Munies de notre maman, on se dit qu’on ne risque pas grand chose.

On suit notre escorte spéciale, les moyens de transports se succédant au même rythme que les schémas catastrophes dans nos têtes : au mieux on arrive à bon port et tout se passe bien, au pire on se fait enlever (et oui, même le chauffeur de taxi est dans le coup), et nos corps/organes/cheveux/yeux sont vendus. Sinon il est toujours temps de sauter du rickshaw…

Après 2h de torture d’esprit, on rencontre la jolie Ankita (qui nous a fait de suite penser à Laure, notre boulette/amande), puis on se rend compte qu’on a été complètement paranos.
Elle nous amène chez elle et s’occupe de nous comme si on était des princesses, nous sert à manger et de l’eau fraîche. Ses copines qui se préparent aussi pour travailler comme extras au même mariage, drapent nos saris et nous maquillent dans des éclats de rire et des échanges de regards complices.

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On réalise 3 choses :
Porter un sari n’est absolument pas confortable. On vous parle même pas de traverser une grande artère de Bombai dedans…
Le maquillage, ça brûle les yeux. Et oui, on n’en avait pas porté depuis qu’on est parties…
Si nous on est fascinées par les indiennes, elles sont aussi fascinées par nous (la preuve, on porte des saris, elles portent un chemisier et un pantalon)

Une fois prêtes, on se rend à pieds à l’endroit du mariage, on attend les ordres de l’organisateur en discutant avec les filles, en étant un peu hallucinées de l’ampleur de la réception. Elles nous expliquent que les mariages indiens s’étalent sur plusieurs jours (5 en moyenne), et que ce soir c’est le dernier soir, celui où les invités prennent des photos avec les mariés, partagent le dernier repas puis s’en vont. Ce mariage est celui de deux familles fortunées et a coûté 40 000€. Bien, bien…

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On apprend qu’il y a 1000 invités, et que notre mission pour la soirée sera de donner les assiettes pour le repas en disant « namasté, enjoy your dinner ». On est en face de l’esplanade où seront les mariés, et on pourra assister à tout le spectacle, c’est pas si mal !!

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La soirée commence, les invités arrivent un par un sous le son des cornes à l’entrée. Nous on se contente de sourire et de regarder la parade de danseuses et musiciens, tout en se pinçant pour réaliser ce qu’on vit. C’est un peu comme dans Coup de foudre à Bollywood, notre film indien préféré !!!

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Les mariés arrivent en sortant d’une noix de coco géante enfumée (on a pas dit que ça n’allait pas être kitsch) et montent sur l’estrade. Ils resteront là toute la soirée dans la même position pour faire une photo avec chaque invité. Bonjour la funitude du mariage !!!

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Les gens commencent à se diriger vers les 50 types de nourritures végétarienne (punjab, jaïn, nord indien, sud indien, mexicain, italien etc etc).
MAIS, pour cela ils ont besoin d’assiettes. Et c’est là qu’on est « utiles ». Ils s’approchent de nous avec surprise.
Certains nous répondent namasté ravis de nous entendre parler hindi, puis poursuivent dans leur langue sans qu’on puisse comprendre, d’autres ne nous calculent même pas (mais ça va on a l’habitude, on a été caissière toutes les deux), les femmes en général sont fascinées (on sait pas trop si c’est notre couleur de peau, notre sari ou l’ensemble), et les hommes très intimidés…

On observe le spectacle des tenues extravagantes et brillantes, des mains tatouées de henné, des costumes en satin, des chaussures fraîchement cirées et des cheveux gominés. On s’émerveille devant les bijoux dorés, les saris ornés et les yeux khôlés…

Finalement la soirée passera vite et après le millier d’assiettes distribuées, on profitera du buffet divin et on se couchera des étoiles dans les yeux 🙂

J’aime bien comme t’es habillée cette semaine

Des fois on a envie de se faire « jolies » pour sortir le soir…

Définir « sortir le soir » : se rendre à pied (parce que tuk-tuk = hors budget) dans un endroit où on mange avec les doigts des ingrédients dont on ne connait pas l’identité ni la provenance pour une somme plus que modique (ou merdique ça dépend).
Définir « jolies » : abandonner pour la soirée l’uniforme de la voyageuse (t-shirt + pantalon + sac à dos), pour revêtir des habits de lumière plus ou moins (plutôt moins que plus) lumineux.

Qu’on soit bien d’accord, « se faire jolies pour une soirée », c’est valable pour toutes les soirées de la semaine. On est bien obligées de rentabiliser les dépenses fringues/lessive… En effet, nous n’avons investi que dans une seule tenue habillée faute de place, et ce voyage nous a fait réaliser que nous détestons faire la lessive. Dans ce voyage nous suivons donc un principe fondamental : tant que l’odeur de l’une n’importune pas l’autre, elle peut remettre le même t-shirt !
Mais revenons au sujet : nous disions donc qu’il nous arrive de porter en moyenne 7 fois d’affilée la même tenue (mais comme une soirée dure 2h, si tu fais le calcul ça fait que 14h donc ça vaaaaaaaaa !!! – non, ce voyage ne nous aura pas transformées en pouilleuses, enfin pas encore ! -).
Bon c’est pas non plus la tenue de ouf malade avec robe, talons hauts, sac et bijoux assortis hein !! Déjà on aurait l’air con, et en plus le but de ce voyage n’était pas de se transformer en bombasses européennes vulgaires à la tombée de la nuit ! Donc on se contente de changer de fringues (et vu comme on transpire dans notre tenue de jour, c’est pas du luxe !!), de mettre un vrai soutien gorge (et pas une brassière de sport), d’enfiler des chaussures potables au lieu de tongs dont la semelle est complètement affaissée, de porter les jolies paires de boucles d’oreilles qu’on s’est offertes pour une bouchée de pain chez un bijoutier local (et pourquoi pas, les grands soirs, de faire péter le collier !!!), de se laver les cheveux et d’afficher un super bronzage du aux nombreuses heures passées sous le soleil à visiter la ville… Bon bien sur, on adapte le tout à l’endroit et on a toujours un châle sur nous pour nous couvrir si besoin 🙂

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Croyez nous, ça parait pas grand chose comme ça, parce qu’avant ça faisait partie de notre quotidien et de notre rituel de préparation matinale, mais ça fait tellement un bien fou de se pomponner quand on a macéré toute la journée sous la chaleur cuisante !
C’est un luxe et un confort que nous savourerons d’autant plus à nos retours, c’est sur !!

Les 15 choses que 15 jours de voyage nous ont apprises

1. Bien réfléchir à la date et l’heure de départ d’un vol, quitte à demander un second voire un troisième avis.

2. Les garçons sont les mêmes partout. Même au fin fond du Sri Lanka, on remarque la bonne vieille combinaison (qui marche ou pas) qu’on appelle ADP : on s’explique. Premièrement il y a l’Approche, qui peut être un simple « hello where are you from girl ? » ou bien un klaxon (ça plait ou ça plait pas, nous ça nous plait pas du tout). Ensuite, c’est la Démonstration. Cela peut aller d’un « let me carry your bag » (en effet je suis pas contre le fait que tu me montres tes muscles en même temps que je repose mon dos), à un concours de lancer de cailloux dans le lac d’en face. Finalement, il y a la Proposition, la partie la plus drôle. Plus c’est original, plus ca nous fait rire. Par exemple l’éternel « What’s your name ? » – « Juliette » – « Can I be your Romeo ? » ne fait plus rire personne, et encore moins Juliette…

3. Les filles sont les mêmes partout. Elles aiment les chaussures, les fringues, les bijoux et sont jalouses (exemple : quand un garçon nous propose de partager le taxi pour aller au même endroit, la fille fait la gueule tout le long). Bon évidemment c’est très réducteur, mais en règle générale c’est souvent le cas…

4. Spicy ne veut pas dire la même chose dans toute les cultures. Parce quand on te sert un bol de chili en te disant « not very spicy », ben il faut réfléchir à deux fois avant de se lancer. Savoir ça vous évitera bien des sueurs. De rien.

5. Savoir renoncer à avoir des habits propres. Parce que les lavages a la main ca va une fois, deux fois, mais le savon de Marseille c’est pas NON PLUS de la lessive quoi.

6. Épiler une aisselle à la pince à épiler, c’est long. Oui, nos problèmes de filles existentiels sont les mêmes à l’autre bout du monde.

7. 150 roupies sri lankaises est le tarif préférentiel de base pour arnaquer les touristes. Que ce soit pour une course de tuk-tuk, un régime de bananes, une bouteille d’eau ou une carte postale.

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8. Savoir quelques mots locaux vous sauvera dans certains cas. Et puis les gens sont toujours très contents de voir que des touristes (on va pas se mentir, c’est ce qu’on est) font l’effort de parler la langue. Bon évidemment c’est pas du vocabulaire philosophique, mais juste de quoi se débrouiller si la personne ne parle pas anglais, genre « bonjour », « merci », « combien » « trop cher » (celui-là vous l’utiliserez souvent), et « au revoir ». Et puis au pire, le sourire est le langage universel.

9. « À Rome, fais comme les romains. » est LA phrase à retenir. Parce que se présenter devant un temple bouddhiste en mini short taille haute et brassière nombril à l’air (comme toutes les américaines de 20 ans qu’on croise), puis râler quand on se fait refouler, c’est un peu le monde à l’envers. T’es pas chez toi, et même si c’est pas ta culture, tu respectes. Ingrid a bien troqué ses robes pour des pantalons de randonnée… Alors ça devrait pas être insurmontable.

10. Le seul truc que tu payes plus cher à l’autre bout du monde qu’en France, c’est l’eau. Et quand boire l’eau du robinet risque de te filer au mieux une caguagne carabinée et autres vomissements libérateurs, au pire une hépatite, tu payes. Tu payes. Tu payes, et tu payes. Mais c’est encore mieux quand t’arrives à négocier.

11. Justement, négocier, c’est ce qui va en fait te prendre le plus de temps en voyage. Du temps et de l’énergie. Parce qu’en tant qu’occidental, ils pensent que t’as les moyens alors ils poussent les prix.

12. Le rapport kilomètres parcourus/temps pour les parcourir, n’est pas du touuuuuut le même que chez nous. Exemple, quand le chauffeur te dit « C’est pas loin, c’est qu’à 100km ! », toi tu penses naïvement qu’en 40min c’est bouclé. Sauf QUE, 4h30 plus tard, t’es toujours dans le bus (avec un gamin qui te fixe en te lançant des cosses de cacahuètes et l’aisselle de quelqu’un dans ton visage).

13. Dire adieu à des ongles longs ET propres. Et ouais, faut choisir. C’est dommage, pour une fois qu’on les a longs…

14. Se doucher tout les jours est un LUXE. Et alors, si en plus il y a de l’eau chaude c’est… Un peu comme si t’étais Marie-Antoinette à Versailles ou Jasmine à Agrabah.

15. Ne plus faire la vaisselle, ÇA, c’est vraiment les vacances.

Et un seizième pour la route… On apprend et on découvre tellement de choses loin de chez soi, qu’on se répète tous les jours que c’est vraiment VRAIMENT important de voyager.