Les meilleurs fruits d’Asie du Sud-Est

L’autre jour, on petit-déjeunait sur la terrasse des Violettes, et, la voix pleine de mélancolie, on se remémorait un des meilleurs petits-déjeuners avalés pendant notre Tour d’Asie. C’était un matin de novembre, sur une plage du sud du Sri Lanka, avec David, notre copain australien. On avait ce jour-là dégusté une quantité orgiesque de fruits : clémentines, mangues, fruits de la passion, petites bananes sucrées, ananas, caramboles, goyaves, accompagnés de tartinade d’avocat arrosé de citron sur des crackers de blé complet.

En baissant les yeux sur notre assiette de nectarines et de bananes, on avait un peu l’air blasé ! Et oui, c’est vrai, l’Homme est un éternel insatisfait et maintenant qu’on est revenues en France, on commence à se rendre compte que certaines choses nous manquent… En premier sur cette liste : la diversité, la multitude, le goût incroyable et les prix raisonnables des fruits exotiques !
Nous vous proposons donc dans cet article de vous révéler dans quel pays vous mangerez les meilleurs fruits. Bien sur, ces données sont tout à fait subjectives mais si jamais vous passez par là, s’il vous plaît, régalez vous en pensant à nous, ça nous fera super plaisir !

INDE : les bananes, sans hésiter. Vous ne pouvez pas vous tromper, elles sont toutes délicieuses, sans exception, et ce serait un crime de ne pas vous goinfrer de bananes lors d’un séjour en Inde ! Les variétés sont multiples, déclinées sur une palette de couleur allant du vert au rouge en passant par le jaune, et leurs goûts sont tout aussi surprenants et différents. Un jour, sur un petit marché du Kerala, on a compté 8 variétés présentées !
Le début de notre voyage a aussi été marqué par la découverte de fruits exotiques encore inconnus pour nous : le jackfruit (même cuisiné dans des currys salés, sa chair filandreuse rappelle celle du blanc de poulet !), la papaye (qu’on mange avec une foufourche HaHahaaaa 😛 ! Non blague à part, la papaye est EXCELLENTE comme remède aux maux de ventre et régule le transit encore mieux que n’importe quel médicament) ou encore la goyave.

SRI LANKA : les fruits de la passion. Ils sont présents sur cette ile à foison, et ne valent quasiment rien !! Moins cher qu’une baguette de pain au kilo, ils se vendent par montagnes sur les bords de route et les marchés… Et se dégustent en autant de quantité ! On vous promet que même Juliette, auto-proclamée « bouche à suc' » de la famille, prenait plus de plaisir à racler le fond du fruit qu’à vider un paquet de Dragibus. Quant à Ingrid, il lui est arrivée de s’en enquiller 2 kilos en promo à moitié prix en un seul goûter. Une véritable sucrerie végétarienne !

THAÏLANDE : les noix de coco. Autant pour leur eux que pour leur chair, 2 à 3 « arrêts noix de coco » par jour étaient un MINIMUM ! Parfait quand il fait chaud, quand il fait soif ou quand il fait faim (une fois bue on la rend au vendeur il la coupe en deux, et on gratte la chair jusqu’aux os – comprendre la coque hein, on est végétariennes oh !)… Hop un coup de couteau au dessus, un plantage de paille et « goup gloup », on n’entend plus rien d’autre que le bruit des gorgées avalées… On s’est même fait des concours de vitesse. La tradition quotidienne pendant notre séjour sur Koh Lanta : dégustation d’une noix de coco fraîche les fesses dans le sable sur la plage devant notre bungalow en regardant le soleil se coucher. Pour la petite anecdote, un jour quelqu’un qui voulait absolument nous trouver des noix de coco est carrément monter en haut d’un arbre devant nous pour nous en attraper !

CAMBODGE : les mangues. Là encore une fois, à 1$ les 5 langues, on en a tellement mangé à Siem Reap et Phnom Penh qu’on a réussi à s’en dégoûter pour quelques jours. Et dire que maintenant tu payes ta mangue 5€, on aurait du faire des réserves !

BALI : les ananas. Tous murs à point, juteux, sucrés et pas du tout acides (ils ne te laissent pas la langue rapée ou brûlée après consommation). Mais comme c’est difficile à conserver une fois entamé, on est obligées de le finir… Ça va peut-être vous surprendre, mais on a cru faire une overdose… Fou ! Précisons également qu’on a découvert lors de ce voyage d’où venaient les ananas, enfin comment ça poussait quoi… Sur des petits arbustes pas plus haut que la taille, qui ressemblent un peu à une plante grasse, mais qui sont en fait la reproduction exacte des feuillages qui sont au dessus du fruit quand on achète un ananas, mais en taille adulte ! Le fruit pousse au milieu de cet amas de feuilles piquantes. Cette révélation s’est produite le jour où un paysan a cueilli notre ananas commandé dans son jardin, au retour d’une balade vers une cascade au nord de l’île balinaise (le fruit a d’ailleurs été élu meilleur ananas de toutes nos petites vies…).  C’est aussi à Bali qu’on a découvert les mangoustans, les ramboutans, le salak et le sirsak, et qu’on a goûté du durian pour la première fois (BEURK : mais franchement, meilleur au goût qu’à l’odeur).

AUSTRALIE : les avocats. Aussi crémeux que goutus, et disponibles à un prix dérisoire, on a fait une cure de bon gras en Australie. Étalé dans des pitas, sur des crackers, à manger à la cuillère avec un peu de citron… C’est vite un délice !
> On en a aussi utilisé quelques-uns pour nous concocter des super masques de cheveux…

Attention, les photos qui suivent peuvent vous mettre dans un état de faim/envie/jalousie très intense ! Estomacs affamés s’abstenir…

Et s’il vous prend l’envie soudaine de vous rendre au maraîcher le plus proche pour le dévaliser à la vue de ces images, sachez que c’est normal ! Et que (heureusement) rien ne vous en empêche 😉

IMG_4966

IMG_8833

IMG_9149

IMG_9148

IMG_4753

IMG_4755

IMG_4749

IMG_8301

IMG_4756

IMG_0706

IMG_0294

IMG_8324

IMG_9551

IMG_4034

IMG_4033

IMG_3550

IMG_4763

IMG_9006

IMG_4761

IMG_3311

IMG_3918

IMG_9788

IMG_3770

IMG_8399

…Le retour !!

Oui, c’est vrai, on avait un peu disparu de cet endroit virtuel qu’est ce super blog.

On s’est astreintes durant 5 mois et 1 semaine à l’alimenter hyper régulièrement pour vous raconter nos péripéties quasiment au jour le jour (on écrivait dans les bus – et Dieu sait qu’on en a pris des bus… -, sur les terrasses de resto, dans les chambres de nos guesthouses, sur les banquettes des aéroports – et même parfois par terre, installées à même le sol -, sur nos serviettes de plage, bref un peu partout !).
Mais il faut l’avouer, après notre retour, on a un peu décroché et lâchement laissé tomber la rédaction : il faut dire aussi que, paradoxalement, les moments de « creux » pendant lesquels il était facile d’écrire à l’autre bout du Monde, sont beaucoup moins nombreux dans la vie quotidienne. Lorsqu’on est en vacances, il est en fait plus facile de s’aménager une plage horaire dans la journée pendant laquelle s’atteler à une tâche en particulier, un peu comme les enfants qui s’appliquent, plus ou moins contraints, à remplir une page de leur cahier de devoirs de vacances, et ce tous les matins de juillet et août !
Et puis, aussi, il s’est passé pas mal de choses depuis la fin de ce voyage : le temps de retrouver tout le monde, d’aller rendre visite à nos proches, de faire des surprises aux uns et aux autres, d’accueillir un ami indien pour lui faire à notre tour découvrir la vie ici, de candidater dans un IUT pour Juliette, de chercher un boulot pour Ingrid, la vie commençait peu à peu à reprendre son cours tranquille… 

Mais ce répis a été de courte durée, car les Delory n’ont pas vraiment l’habitude de rester tranquilles et n’aiment pas s’ennuyer ! Quasiment aussitôt rentrée, donc, deux semaines après avoir atterri en France exactement, Ingrid a annoncé son mariage l’été qui arrivait, en août. Haha, quelle surprise, et surtout, quel planning serré !

Bref, tout ça pour dire que ces 4 derniers mois ont donc été quelque peu chargés, cela explique sans doute notre absence, même si ça ne l’excuse pas. 
Quoiqu’il en soit, maintenant que le calme est revenu, et qu’un rythme normal s’installe, on est bien décidés à revenir et à continuer de vous raconter nos aventures, moins exotiques, certes, mais toujours aussi agréables à lire, on l’espère. 

10570329_1539358932966089_4325778970552534282_n

Juste avant notre départ, on avait organisé un petit repas pour présenter à tout le monde notre projet. Ça avait été l’occasion d’expliquer à notre famille et nos amis, le parcours, les pays visités, nos attentes, de recevoir les précieux conseils et adresses des uns et des autres.
Et bien, l’heure est venue de faire un peu la même chose, mais après le voyage cette fois ! L’idée c’est de réunir les mêmes personnes, mais aussi ceux qui n’avaient pas pu être là en octobre dernier, afin parler de ces mois écoulés et de vous raconter plus en détails que sur le blog notre super périple !
Lecteurs du blog, vous êtes donc tous conviés à venir débriefer cette expérience autour d’un goûter aux Violettes le dimanche 4 octobre. Y compris ceux qui nous ont découvertes en cours de route, par l’intermédiaire d’Internet, et qui ne nous connaissent pas forcément « en vrai ». Ce sera l’occasion de se rencontrer :-). Au programme : photos pour les plus patients, vidéos, troc de guides du Routard, échanges de bons plans, explications sur nos changements de plans, ressentis, anecdotes exclusives, rires, chai massala et chocolat :D. 

Venez nombreux !

De retour à la maison

Et voilà, le chemin se termine.

On vous écrit, au chaud (ouais enfin c’est un printemps un peu frisquet, donc par rapport à la canicule de Bali, c’est léger quoi…), de notre jolie maison grassoise. De LA MAISON. De l’endroit où on se sent le mieux au monde. De la où tout a commencé, il y a un peu plus d’un an.
Les idées balancées comme ça, juste pour rire, les listes de choses qu’on ne veut pas rater sur cette Terre, puis voir tout se concrétiser à une vitesse fulgurante, et ce non sans efforts. Ce voyage c’est notre bébé, c’est la chose qu’on a créée de A à Z et qu’on a vécue ensemble en se soutenant.

Mais attention cette expérience n’a pas été de tout repos !! Non non non, au contraire ça a été compliqué, à réfléchir, à organiser, à financer, à vivre, à digérer, et on oublie un tas de verbes… Le seul truc qui a été hyper facile pour nous en fait c’était de le partager. Entre nous, tout le temps, avec vous, régulièrement, et puis avec les locaux, souvent !

Le retour à la maison est plus facile que prévu, le pays nous manquait, nos proches nous manquaient, donc l’adaptation se passe vraiment bien. Ce retour au calme et au familier nous donne le temps de digérer, de comprendre et de revenir sur tous les moments de cette expérience incroyable et inoubliable, qu’on n’aurait pu rater pour rien au monde ! On est fières et heureuses de l’avoir accompli, surtout ensemble (on ne peut s’empêcher de se projeter plusieurs années dans le futur et s’imaginer en train de raconter à nos enfants et nos neveux « tu vois, dans ce pays, on y était avec tatie quand on était plus jeunes, on est parties en sac à dos toutes les deux 5 mois pour voyager et découvrir une partie du Monde ». Et ça nous fait bien rire !), et quelque part ça nous manque un peu de ne plus se supporter (dans le sens de se soutenir, non pas de se subir ^^) H24. 

Alors voilà, aujourd’hui, après exactement 161 jours de vagabondage à travers l’Asie et après en avoir pris plein la vue et le cœur chaque seconde de chacun de ces 161 jours, nous sommes de retour. 

Voici notre itinéraire final, celui, il faut l’avouer, qu’on n’avait jamais envisagé une seule fois, dans tous les scénarios qu’on s’était montés 14 mois auparavant :
France -> Inde -> Sri Lanka ->Thaïlande -> Laos -> Thaïlande -> Cambodge -> Thaïlande -> Singapour -> Indonésie -> Australie -> Indonésie -> Inde -> France

On vous remercie de nous avoir suivies tout ce temps, on vous remercie d’être partis avec nous, et surtout on vous remercie de tous vos mots gentils qui nous ont aidées tout le long de la route. Sachez que vous avez été avec nous a chaque instant, dans les meilleurs moments bien sur, mais surtout dans les plus mauvais. Heureusement ils ont été moindres mais vous nous avez donné le sourire et le courage de poursuivre quand le moral était un peu mouligasse !

Vous aurez dans tous les cas l’occasion de nous recroiser et on ne manquera pas cette opportunité de vous raconter, vous faire flipper, vous faire marrer, vous faire voyager une fois de plus avec nous 🙂

On vous aime ❤

Escale à Singapour

Sur le chemin de la Thaïlande à Bali, notre escale se faisait à Singapour, passage obligé de n’importe quel avion reliant deux villes en Asie du Sud-Est.

Sauf que 13h à attendre dans un aéroport, aussi luxueux et confortable soit-il, ben c’est tout de même long…
Donc on a voulu mettre le nez dehors histoire d’aller vite fait voir comment ça se passait dans ce pays qui nous était inconnu. Le dernier métro pour rentrer à l’aéroport étant à 23h, nous étions limitées dans le temps et nous n’y sommes restées que 4h : juste le temps d’en prendre plein les yeux et de s’émerveiller de la modernité qui y règne.

Alors c’est sûr, après les derniers pays dans lesquels nous avons mis les pieds, tant de constructions, de voitures luxueuses et d’aménagements aussi modernes ont provoqué une modernicution (oui, ce mot vient d’être inventé) chez nous. On était un peu perdues, à regarder plus en l’air qu’en face de nous… Après tout ça passé, nous avons profité du centre culturel de Flower Domes (dans lesquels nous ne sommes pas rentrées à notre grand regret parce que c’était le fermeture) et OCBC Skyway Tree qui s’illumine pendant 45min a la tombée de la nuit. Puis nous avons erré dans le fameux centre commercial Marina Bay Sands, au milieu duquel un mini canal vénitien traversé par des gondoles a été construit (en toute simplicité)…

Après cette brève visite, nous sommes retournées à l’aéroport pour y passer la nuit, et se retrouver le lendemain sur l’Ile des dieux.

 

IMG_0097  

IMG_0075

IMG_0100  

IMG_0187

 

IMG_0153

IMG_0197  

Les connasses en voyage #2

Un homme, la soixantaine, passe devant nous alors qu’on est allongées sur la plage à bronzer, en nous jetant un regard malsain. Il dit « vous êtes de loin les plus belles de la plage ».
La connasse lance « je vous aurais bien retourné le compliment, mais je mentirais… »

Sur la plage de Kovalam, des rabatteurs essaient de convaincre les touristes de venir se dorer la pilule sur leur bout de plage. Les prix tombent et passent de 400 roupies à 200 juste après le déjeuner. Un énième s’approche de nous et nous interpellent « Hello Darlings, for one umbrella and two beds, 200 only !! ».
La connasse répond « Quand tu m’auras vue en maillot de bain, c’est toi qui vas payer pour que je m’allonge sur ton transat ! »

Attablées a un restaurant, on attend notre commande : deux plats que nous allons partager. Le serveur arrive, pose les assiettes devant nous et commence à séparer en deux là nourrtiure pour nous servir.
La connasse, blessée, dit « merci, je suis une femme, mais je peux quand même me servir toute seule. »

Tous les rabatteurs et vendeurs de magasins ont une technique bien rodée pour appeler les touristes. A Delhi, ils lancent un « Yesss excuse me, come come ! »
Fatiguée d’être sollicitée, la connasse à bout, s’arrête et dit « ouais excuse toi, ouais. »

C’est la première fois qu’on se retrouve à manger avec des baguettes en Asie. Et là, le riz n’est particulièrement pas collant, d’où la difficulté d’une des connasses à manger normalement.
L’autre lui envoi « tu peux faire semblant de savoir manger stp ? J’ai un peu honte de toi là. »

Après une journée entière à marcher sous le soleil, on manque furieusement d’eau et de nourriture, et nos neurones commencent doucement à faiblir. Après avoir recommencé la même phrase près de 4 fois sans avoir pu mettre les mots dans le bon ordre ou avoir pu prononcer toutes les syllabes correctement, une des deux connasses constate avec désespoir son incapacité à aligner des mots. L’autre connasse s’impatiente : « bon ce qu’on va faire c’est qu’on va prétendre que cette phrase s’arrête là OU que tu ne l’as jamais commencée si tu veux bien. Merci. »

En voyant tous les chinois couverts de la tête au pieds pour éviter de prendre le soleil, la connasse lance « il fallait peut-être pas choisir la Thailande comme destination si tu voulais éviter le soleil… L’Islande c’était une bien meilleure idée, et avec un peu de chance c’est l’époque de l’année où il fait même pas jour. »

En voyant tant de surfeurs dans un coin d’une île, une des connasse reste bloquée sur l’un d’eux, faisant son jogging. Fier d’être regardé, il lance « Hi girls how are you doing ? »
La connasse dit « ah, ben c’était mieux quand tu parlais pas en fait »

Les phrases qu’on n’est même pas étonnées de s’entendre dire #2

« – C’était un enfant ça ?
– Ouais mais il était vivant je l’ai vu respirer »

« – Oh trop cool tu fais chauffer de l’eau pour faire du thé !!!
– Ah non, je fais bouillir ma cup pour la stériliser. »

« – Il y a un truc qui vient de me monter sur la jambe
– Aaaah c’était quoi ?
– J’ai vu des antennes, ça devait être un cafard… Mais genre c’était des antennes de homard alors j’imagine même pas la taille du truc. »

« – Hi girls how are you today ?
– Hi, good mate ! »

« – Ah mais tu le connais ? (Du haut de l’escalier)
– Non non
– Il est comment ?
– Torse-nu bronzé ? Sûrement Australien ? »

« – Oh elle est trop jolie cette fille !! »
– Je crois que c’est un homme… »

« Du coup je sais pas ce que je dois dire… Il ou elle (?) a une super belle robe ! »

« – Yes ok kap kun kha
– Ah mais t’as compris ce qu’elle t’a dit ?
– Pas un mot. »

« – Qu’est-ce que tu fais ?
– J’essaye de bronzer des sourcils »

« J’ai marché sur un truc de consistance molle et plutôt mouillé. Je crois que je vais vomir je veux pas voir ce que c’était. »

« Aujourd’hui je t’ai fait une surprise !! On va changer un peu, je t’emmène manger vietnamien. »

« – Demain si vous avez besoin d’un tuk-tuk appelez moi, je suis un bon chauffeur. Vous m’appelez hein ? Demain, qu’est-ce que vous faites demain ? »
– Écoute, on sait même pas où on dort ce soir… »

« Tu vois le berceau du bébé au fond de la cuisine. Derrière y a une trappe. Ben c’est de là que le rat est sorti hier soir ! »

« – Est ce que toi aussi t’as une abeille morte noyée dans ton jus de canne ?
– Attends je regarde. Ah non pas cette fois. Mais c’est bon aussi sans ! »

« – Cache les bananes, les singes vont encore te les piquer.
– Ah ouais c’était chiant la dernière fois de se battre pour récupérer l’ananas ! »

« Oh ! Je viens de capter que j’ai roulé 4 bornes avec la roue arrière crevée. C’est pour ça que ça couinait…  »

« Quand on checkout il faut pas qu’on oublie de pickup la laundry »

Les baroudeuses

Un jour l’amoureux d’Ingrid lui a dit « tu es superbe avec tes talons de 12cm et tes belles robes, ça me fait d’autant plus kiffer de me dire que pendant des mois tu vas vivre comme une clocharde ». Sur le coup, elle a rigolé, fort, sans prendre la mesure de ce que « voyager longtemps en n’ayant pour fidèle compagnon qu’un sac de 15 kilos dont seul le cinquième du contenu est consacré à tes vêtements et sous-vêtements » signifiait réellement.

Voici donc une liste des trucs dégueux auxquels nous avons été confrontées pendant ce voyage (malheureusement non-exhaustive, parce qu’il est loin d’être fini et on est sûres de pouvoir faire pire…). Non, on ne va pas vous faire croire que le voyage c’est QUE trop génial, y a aussi des moments où tu es à deux doigts (mais alors vraiment deux doigts, genre plus un doigt et trois quarts que deux même…) de perdre définitivement le peu de dignité qu’il te reste… Mais souvenez vous, le ridicule ne tue pas !!

NB : autant vous prévenir tout de suite, nous avons fait un pacte, nous ne révélerons JAMAIS (même sous la torture…) qui de nous deux a fait quoi !!!

– se couper les poils des jambes avec une paire de ciseaux

– renifler les aisselles de son tshirt après 5 jours et se dire « oh ça va, ça tiendra bien un sixième ! »

– faire renifler ce même tshirt à l’autre pour obtenir son approbation, et l’avoir

– se brosser les dents à l’eau (du robinet bien sur…), parce que défaire son sac juste pour du dentifrice c’est vraiment pour les crâneurs !

– attendre 20 jours avant de stériliser sa coupe menstruelle

– faire tomber un quartier de clémentine sur le sol d’une gare indienne (je sais pas si vous avez déjà vu une gare indienne, mais sérieux, c’est hardcore !!), le ramasser, souffler dessus vite fait et le gober

– avoir la flemme de faire une lessive et repousser au lendemain le nettoyage d’une fiente de corbeau sur ton tshirt (oui, la procrastination existe aussi en voyage…)

– être obligée de faire pipi dans la douche de la salle de bain parce qu’il y a des bestioles vraiment bizarres qui remontent sur les parois des toilettes

– faire tomber son savon dans les toilettes parce que la cuvette est juste à côté de la douche, récupérer le savon et se laver avec

– rentrer dans des toilettes turques pieds nus, ou pire… Rentrer dans des toilettes turques d’aire d’autoroute indienne pieds nus !

– ne pas se laver pendant 4 jours parce que l’eau est froide et qu’il fait 5 degrés dehors.

– se faire vomir parce qu’un truc n’est pas passé, et savoir qu’attendre que ce soit digéré vaudra bien plus de peine que deux doigts dans la gorge

– essayer des fringues dans la rue et se rendre compte 24h après que certaines parties de son corps sont recouvertes de piqûres et de boutons rouges qui grattent et brûlent. Voir que les boutons dessinent la forme des vêtements essayés et réaliser que ce sont des piqures de puces…

– trouver une bébête morte dans son riz, la mettre de côté et continuer à s’empiffrer jusqu’à trouver la prochaine (ouais enfin en priant quand même de pas en retrouver… On est végétariennes après tout !)

Changements de plans

Bien le bonjour à tous !!! Vous nous manquez beaucoup.
Ça, c’est la première chose qu’on a à vous dire.
La deuxième, c’est que cet article ne sera pas comme les autres. Peut-être plus sérieux, moins descriptif. On l’a écrit juste pour vous tenir au courant de ce qu’il se passe dans nos vies, de la tournure que prennent les choses. Cette fois on n’a pas de belles images à vous montrer, on veut juste vous dire ce qu’on pense important.

Le voyage, c’est une expérience indescriptible. C’est tout à la fois, un concentré de vie en peu de temps, une multitudes de baffes dans la figure, et beaucoup, beaucoup, beaucoup de remises en question. Parce que se confronter à d’autres cultures, à d’autres personnes, à d’autres langages et d’autres paysages, c’est constamment remettre à zéro tout ce qu’on pensait, tout ce qu’on se disait et tout mais TOUT ses préjugés. Voyager c’est tellement important…
En Octobre, on a choisi d’en faire notre mode de vie pendant 8 mois. 8 longs mois de bourlingue, de rencontres, de discussions qui changent nos vies, de découvertes incroyables et d’apprentissage de la vie en accéléré.

Malheureusement, après presque 3 mois de route, on se rend compte douloureusement que le voyage n’est pas un mode de vie. Du moins, n’est pas NOTRE mode de vie. Nous sentir chez nous, dormir dans le même lit plus de 2 nuits d’affilée, savoir qu’on a tout à portée de main, être en contact constant avec notre entourage, avoir des repères fixes, nous manque terriblement. Nous ne sommes pas des nomades, ça non. Nous sommes de bonnes sédentaires, et avons choisi de vivre comme des nomades quelques temps, et on réalise à quel point 8 mois, c’est long.

Nous voyons des choses sublimes, rencontrons des gens épatants, apprenons de nos expériences et de celles des autres.
Mais le voyage a des mauvais côtés, c’est pas non plus toujours tout beau et tout coloré.
On fait connaissance avec de nouveaux visages, on rigole bien, puis on se quitte, parce que la route nous attend.
On va dans une ville, on la découvre, puis quand on sent qu’on n’a plus rien à y faire, on s’en va, vers une autre destination qui nous appelle, sans vraiment qu’on sache ce qu’on y trouvera.
On prend, on prend, on donne ce qu’on peut en se demandant si c’est très juste.

On fait en une fois ce que certains ne feront pas en une vie… Et ce n’est peut-être pas la meilleure façon de découvrir le monde. Ce n’est pas rendre justice à un pays que de l’ajouter à une liste et de le découvrir entre deux autres, en n’ayant comme mesure de jugement que les pays précédents. Il faudrait pouvoir digérer chaque pays de façon isolée, l’apprivoiser, le découvrir, s’en remettre. Nous on fait ça, mais en enchaînant sur une autre claque et une autre perte de repères. On occulte la partie la plus importante : s’en remettre… Parce qu’on n’a pas le temps de s’en remettre ; on doit préparer le pays suivant et c’est de nouveau un départ du récemment connu vers l’inconnu.
On n’a pas l’impression d’apprécier les pays à leur juste valeur… Et on se rend compte qu’il faut faire dans la qualité parce que visiter des pays pour cocher des cases ce n’est pas intelligent.

Vivre comme des nomades, ça aspire tellement d’énergie… On est confrontées à des problèmes bien plus terre à terre que ce que le voyage évoque dans l’imaginaire collectif : nous on sait pas si on va dormir dans des draps propres, si on va pouvoir se laver tous les jours, ce qu’il va se passer dans les prochaines minutes, on sait pas si on va pouvoir trouver de l’eau facilement, des fois on ne mange pas à tous les repas, quand on est malades il faut qu’on fasse des kilomètres de bus avant de trouver une pharmacie et après il faut l’expliquer dans une langue qui n’est pas la notre… Une partie de mimes/Pictionary géante quoi !!!

Des trucs qui paraissent super futiles et bêtes peut-être, mais quand ça dure depuis 3 mois on vous assure que c’est fatiguant. Au début on adorait ça. Être sorties de notre zone de confort, être confrontées à l’exotisme et être privées de tout le confort dont on disposait en France, c’était vraiment fun. On se sentait aventurières. Ça nous faisait rire, et puis c’est ce qu’on cherchait aussi : se prouver qu’on avait pas besoin de tout ça, qu’on pouvait vivre sans, vivre comme les gens vivent à l’autre bout du monde, mais par choix. On s’est rendues compte que oui, c’est possible et c’est pas si dérangeant. Mais c’est pas notre mode de vie, c’est pas comme ça qu’on a grandi, c’est pas naturel pour nous.

Loin de nous l’idée de nous plaindre de notre sort, parce que déjà c’est notre choix et qu’en plus c’est pas si terrible que ça. Mais ces mini-tracas, cumulés et accumulés rendent le quotidien plus incertain et plus fatiguant.

Du coup, nos plans changent. Tout évolue et c’est normal, parce nous on évolue en même temps, et que si on n’adapte pas notre route à notre ressenti, on est bloquées. On fait du mieux qu’on peut, même si on se déçoit parfois de ne pas avoir la force mentale de se tenir à ce qu’on a imaginé depuis des mois. On se dit qu’on n’est pas de vraies aventurières, qu’on n’est pas si guerrières que ce qu’on pensait (et pourtant Juliette en a décapitées des têtes au rugby…) ! Mais c’est pas grave, on l’accepte et on est heureuses que ce soit la chose que cette aventure nous a apprise en premier.

Tout le monde nous a dit que ce serait difficile, et nous on pensait à tort qu’on craquerait pas, que ce qu’on vivrait serait tellement génial qu’il nous aurait été impossible de nous lasser, de penser que finalement, la maison c’est bien et qu’on ait hâte d’y retourner. Et C’EST génial, en toutes certitudes. Mais c’est long.
Beaucoup de gens voient le voyage comme des vacances. Mais la distinction est TRÈS importante a faire. Au début, nous aussi on pensait qu’on serait en vacances pendant tout ce temps… Mais le voyage c’est tout sauf des vacances. Les vacances c’est temporaire, passif, c’est une pause, ça a une échéance, ça laisse pas trop place à l’imprévu. On sait ce qu’on fait à quel moment, on se repose beaucoup parce qu’on a tout décidé à l’avance et qu’on est là pour prendre du bon temps.

En revanche, le voyage c’est la vie quotidienne adaptée à un environnement constamment étranger. C’est l’incertitude, l’inconstance, l’appel de l’instinct. Et beaucoup de changement de plans. On n’y croyait pas trop à vrai dire, on savait qu’on se tiendrait à nos plans. Tous les pays, les endroits, les ballades, on les avait dans la tête. Mais l’imagination ne laisse pas trop place à l’humain et sur la route, ça ne se passe jamais comme on l’a imaginé.

C’est après l’Inde que nous avons pris le temps de faire le point sur ce qu’il se passait : on était épuisées, malades, il nous était arrivé une série de trucs vraiment pas cool, et on ne pouvait pas continuer comme ça, sinon on rentrait dans les jours qui arrivaient.
Et c’est là qu’on en vient à ce qu’on a à vous dire.
On a eu les yeux plus gros que le ventre : en terme de nombre de pays qu’on ferait, de la durée de notre voyage et surtout de budget.

Voici la solution qu’on a trouvée, après en avoir discuté longtemps :
On fait la Thaïlande, des temples bouddhistes aux îles et plages paradisiaques, on va au Cambodge sur le site d’Angkor, la capitale lourde d’histoire et on vadrouillera sur la route entre les deux. Puis, on s’envolera en Indonésie pour un mois. On pense à Bali, Lombok et les îles Gili, mais on sait pas trop, ça dépendra de qui on va rencontrer entre temps, des endroits qui nous sont conseillés et de l’argent qu’il nous restera d’ici là. A partir de là, on rejoindra un ami du Sri Lanka en Australie, chez qui on restera un peu de temps. C’était l’occasion de le revoir et de finir le voyage avec notre compagnon de route des premiers jours !!
Ensuite, on rentrera doucement vers la France, notamment en s’arrêtant à Chennai, en Inde. Et voilà, l’aventure s’arrêtera là !

Ok, maintenant on sait que cette aventure a une fin prématurée, mais c’est une raison de plus de profiter de chaque moment et de KIFFER LA VIE 😀

En tous cas, on rajoute un autre truc super important que tout ça nous a appris : davantage écouter les autres, et aussi s’écouter soi-même.

On espère que vous comprendrez ce revirement de situation, même nous on a eu du mal à accepter « d’abandonner »… Mais c’est ça l’aventure, ne jamais faire comme ce qui était prévu parce que même la vie en général est pleine d’imprévus ! Et puis les plans ne sont faits que pour être chamboulés, pas vrai ? 🙂

Sommes nous toujours végétaliennes ?

Beaucoup de personnes nous ont posé cette question :
« Ça va, vous arrivez à rester végétaliennes ? »

Nous, on est là pour y répondre, en toute honnêteté.

Et bien figurez-vous que non. Non, parce que quand on est jamais chez soi, ben c’est délicat… C’est délicat de dire :
« Ah vous m’offrez un repas ? Merci mais je mange pas de beurre, parce que c’est à base de lait et je considère que le lait c’est que pour les veaux. »
Ou
« Vous avez vraiment que des œufs ? J’ai décidé de plus en manger parce que c’est des règles de poules et que ça me dégoute » quand quelqu’un s’est cassé la tête à faire un petit déjeuner qu’il considère comme occidental et qu’il pense que tu vas aimer parce que tu viens d’Occident…

Des fois, et on s’y était préparées, il faut faire des concessions. C’est le jeu, ma pauv’ Lucette !!

En Inde la totalité des plats est cuisinée avec du beurre clarifié appelé ghee, considéré comme pur et même utilisé dans certaines cérémonies et prières aux Dieux. Les petits déjeuners, quant à eux, sont composés de galettes faites à base de farines de riz ou de lentilles et de curd (yaourt ou fromage blanc) : utapams, dosas ou idlys.
Alors parfois, pas d’autres choix que d’avaler du lait ou des dérivés, malheureusement…

Mais au fait, pourquoi il y a-t-il du lait PARTOUT ? Parce que les vaches sont sacrées et que leur lait est considéré comme source de vie. En fait, cela est hérité de la religion hindoue, dans laquelle un des Dieu de la trinité, Shiva, celui qui est tout bleu, a comme monture une vache appelée ici Nandi. Dans les lieux sacrés elle est toujours représentée richement parée avec bijoux, maquillage et sculptures décoratives. Elle est bien en chair par rapport à celles qu’on croise dans la rue, et affichent même un visage poupin, presque amical !
Du coup, tradition, superstition et religion obligent, les indiens mettent des produits laitiers un peu partout dans leur cuisine, qui n’en est pas moins délicieuse ! Jusqu’ici, on n’a été déçues par presque aucun plat qu’on a goûtés (sauf peut être à quelques exceptions, on va pas non plus vous faire croire que tout est parfait, mais franchement c’est hyper rare !). Seul bémol concernant nos papilles : il y a toujours du fromage présent dans les plats. Alors dit comme ça, c’est vraiment trop génial parce que le fromage c’est hyper bon, et on se faisait une joie de pouvoir en reconsommer (on l’avoue, c’est ce qui nous manquait le plus France), mais malheureusement le fromage local appelé « paneer » n’a rien à voir avec ce qu’on connait : ce sont des cubes insipides à la consistance du tofu et au goût encore plus fadasse que de la mauvaise mozzarella… C’est dire !

Alors non c’est pas un drame, on n’est pas là a se morfondre parce qu’on a avalé du beurre, et puis on se dit que c’est déjà assez compliqué comme ça de se faire comprendre parce que la langue est une première barrière, si en plus on fait chier tout le monde en ne demandant que des crudités ou du pain… C’est dommage quoi ! Surtout qu’on considère la cuisine comme une grosse partie du voyage. On ne découvre pas mieux une culture que par la nourriture (de rue), on en est convaincues !!!

Ouais OK, très bien, mais alors, qu’en est il de notre sacro-saint végétalisme dans cette histoire de produits laitiers ?? Cette croisade que l’on défendait becs et ongles il y a quelques semaines dans des articles documentés, argumentés et parfois un peu virulants ?? Vous connaissez la phrase populaire qui dit « y a que les cons qui changent pas d’avis » ? Ben on s’y est résolues : même si on pense toujours qu’avaler du lait est d’une part pas très bon pour la santé et d’autre part pas non plus top pour les vaches, on ne va pas non plus faire la grève de la faim et refuser d’avaler quoique ce soit sous prétexte que ça contient du beurre ! On n’est pas débiles, il faut savoir se montrer raisonnable de temps en temps !
Donc au final on s’est dit que pour se faciliter la vie (et celle des gens qu’on rencontre par la même occasion !!), on allait temporairement (ou pas) faire une croix sur notre extrémisme végétalien et se « contenter » d’observer une attitude végétarienne, ou plutôt « lacto-végétarienne » (puisqu’on consomme du lait…) !
Car si être végétalien se révèle un tantinet compliqué (voire quasi impossible rapport au beurre qui traîne partout…), être végétarien en voyage c’est en revanche plutôt simple, surtout en Asie. Beaucoup plus qu’en France en tous cas, pays du fromage (ouais enfin, au moins en France, il a du goût… Ou plutôt devrait on dire « un goût » !!) et de la viande bien rouge. Ici ça n’étonne personne quand on demande « sans viande ». Il sont contents au contraire, de voir que des européennes en aient quelque chose à faire des droits des animaux. En France ce qu’on reçoit comme réactions, c’est plus « et tes protéines tu les as où ? » « C’est vraiment débile comme choix, je le respecte, mais c’est dommage pour toi, un bon steak bien saignant »… Non. Non. Et non. Nous c’est « aaaah une bonne salade de légumes frais, avec du vegetable fried rice aux oignons… », et on vous jure qu’on s’est jamais autant régalées de nos vies de végétariennes.

Ici, il y a carrément 2 sortes de gens : les veg et les non-veg (à prononcer « vèdj » et « none-vèdj »). Veg est donc notre mot magique quand il faut commander des repas. C’est le terme qui nous assure de ne pas trouver un os de poulet qui flotte dans le bouillon, une tête de poisson dans le curry ou des morceaux d’oeufs dans les nouilles sautées !! Le sésame du végétarisme en quelques sortes… Les gens se mettent en 4 pour nous servir comme ils se doit, et nous faire goûter ce qu’il y a de meilleur dans leur menu, croyant que nos attentes sont très élevées. Mais en vrai, tu nous donnes juste à manger et on est contentes hein… Et puis entre nous, vu comment les animaux se nourrissent ici (essentiellement à base de déchets ramassés dans la rue), il vaut mieux éviter la viande pour se garder de chopper des cochonneries : tous les touristes malades rencontrés n’étaient pas végétariens… Coïncidence ??

Et puis on a eu la chance de pouvoir passer notre premier Noël de végétariennes dans un pays où le végétarisme est monnaie courante… OUF, on a échappé aux dindes farcies, aux huîtres et aux tartines de foie gras !!!!

/home/wpcom/public_html/wp-content/blogs.dir/e20/66142269/files/2015/01/img_6434.jpg

/home/wpcom/public_html/wp-content/blogs.dir/e20/66142269/files/2015/01/img_6514.jpg

Rien ne rend plus intelligent que le voyage

Un mec a dit ça un jour… On ne se rappelle plus qui, mais on l’a lu sur un calendrier. Vous savez les genres de calendriers que la FNAC vend partout aux alentours des fêtes de fin d’année avec une page par jour qu’il faut tourner, sur laquelle il y a la photo d’un paysage magnifique, la date et une citation. En tombant dessus, on s’est dit que c’était rigolo et plutôt un bon présage.

Elle est restée dans un coin de nos têtes, et on pense qu’il est maintenant temps de revenir dessus pour vous dire ce qu’on en pense.
On sait pas si « intelligent » c’est vraiment le terme, parce que c’est difficile de définir ce qu’est l’intelligence. On dirait plutôt que le voyage ça fait réfléchir. Mais pas genre réfléchir « comment je j’ai m’habiller demain », « c’est quoi son nom de famille déjà ? » « 7 fois 8 ça fait combien ? » !! C’est plus une réflexion sur toi, sur la vie, ton rapport au monde avec tout ce que le mot monde englobe : la nature, l’environnement, les êtres vivants, les humains, la nourriture, l’argent, la culture, les traditions, la morale, la liberté, enfin plein de concepts super variés, dont certains que tu étudies en philo pour le bac et que tu trouves pourtant rébarbatifs, jusqu’à ce que tu te rendes compte que ça fait partie de ta vie et de ton quotidien et que si t’es un minimum intéressé, ils te font poser plein de questions.

Bref, trêve de divagations philosophiques, il faut vous dire pourquoi on a ressenti le besoin et décidé d’écrire à ce sujet.
Après avoir passé 3 semaines au Sri Lanka, un petit îlot de paradis où tout était propre, calme, les gens gentils et chaleureux, on s’est retrouvées larguées à 5h du matin a l’aéroport de Chennai, une ville de plusieurs millions d’habitants dans la nuit moite et inquiétante. Donc en gros, on passe du monde des bisounours ou on fait de la bicyclette et on mange de l’ananas toute la journée à un pays de plus d’un milliard et demi d’habitants où l’individu existe autant que la pudeur et la retenue : l’Inde.

Et là, on peut vous assurer que c’est e qu’on appelle « UN CHOC CULTUREL ». On découvre des centaines de personnes qui dorment sur les trottoirs, des cadavres de chiens raides dans les caniveaux, des gens qui se lavent les dents en pleine rue, des vaches et des hommes qui mangent dans les poubelles… En fait, on fait l’expérience de l’Inde et on comprend toutes les mises en garde que nos proches nous ont faites à son sujet. On fait l’expérience de la vie en mode accéléré et on comprend que notre vie en France, celle qu’on a quittée, ce n’est pas la vraie vie, pas celle de la majorité des habitants de être planète en tout cas…

Ce voyage nous confronte à des choses que nous n’avions pas imaginées, les meilleures comme les pires, mais c’est tant mieux, parce que c’est ce que nous voulions. Certes, on ne s’attendait pas a ça, pas à TOUT ÇA on veut dire, mais le but principal de ces 8 mois était quand même de nous ouvrir l’esprit et de nous faire côtoyer l’inconnu : pour développer notre tolérance, notre instinct, notre patience, notre assurance, notre confiance, notre résistance, notre compassion, notre sociabilité et notre organisation. La première chose que nous avons apprise quand nous sommes parties, c’est que quand tu voyages, la seule chose à laquelle tu obéis c’est ton instinct. C’est la seule science exacte qui soit. C’est lui qui nous guide dans toutes les situations. Et quand on ne le suit pas, on le regrette très vite et on se met en danger.

Le voyage met à l’épreuve nos égos, mais aussi, il faut le préciser, nos liens en tant que sœurs. Parce qu’on est quand même deux soeurs de 8 ans de différence, et on a choisi de vivre 8 mois ensemble dans des conditions pour le moins inhabituelles. On s’est demandées plusieurs fois si cette expérience allait affecter notre relation, en bien ou en mal, mais pour l’instant on est d’accord pour affirmer que ça nous a rapprochées et que voyager ensemble n’est pas du tout un problème. Au contraire, ça nous fait nous sentir pas loin de chez nous. Souvent les backpackeurs voyagent en couple ou en amis, nous on a choisi de le faire en famille, et même si c’est rare, on pense que c’est une super décision parce que c’est comme garder toujours pas loin un petit quelque chose de familier, un point d’attache qui te donne le sourire parce qu’il te fait te sentir à la maison même à l’autre bout du monde. Quand le moral n’est pas au meilleur fixe, il te suffit de tourner la tête pour te réconforter et penser à tous les chouettes souvenirs que ta sœur te rappelle. Ta sœur a toujours un geste affectueux ou un mot gentil qui te redonne immédiatement le sourire et qui te réchauffe le cœur, et hop, les tracas s’envolent tout doucement, parce que tu te dis que tu n’es pas seule et que quoiqu’il arrive t’es avec elle et c’est ça qui compte. Dans le pays probablement le plus spirituel du monde, où on te parle de réincarnation et de karma, on est presque certaines d’une chose : on s’est connues dans une vie antérieure, voire dans plusieurs, et on a été sûrement meilleures amies dans une de ces autres vies. Voyager avec sa sœur c’est un peu comme voyager avec sa meilleure amie, mais en mieux parce que tu as du sang en commun et tu partages les souvenirs d’une vie qui font que personne ne te connait mieux qu’elle.

Une chose est sûre donc, le voyage transforme, il te change toi, ton point de vue sur absolument tout et il ouvre l’esprit à un point que tu ignores tant que tu n’en as pas fait l’expérience. Nous ne sommes pas des aventurières nées, le genre de personne qui ne tient pas en place et qui ne peut s’empêcher de rester à un endroit, qui a besoin de partir tout le temps. On le réalise parce qu’on est très heureuses de vivre cette expérience folle, mais on est autant heureuses de savoir qu’elle a une fin.
Ingrid aime son foyer, son nid douillet ses repères et son confort, sa cuisine, son amoureux et sa garde robe lui manquent par dessus tout, quant à Juliette, elle a hâte de retrouver son environnement, ses amours et son chaton, de déguster son lait d’amande aux dattes au petit déjeuner et de pouvoir admirer les couchers de soleil si familiers sur la Mer Méditerranée depuis le balcon de la maison tout en faisant des expériences photographiques.

Nous n’avons pas soif de liberté, nous avons soif de connaissance, d’expérience et d’apprentissage. La liberté, ce n’est pas le fait de partir loin de chez soi et de fuir les contraintes et les attaches. Pour nous, la liberté c’est le fait de se dire que tout est possible, que le monde est à portée de main et qu’il a tout un tas de choses à nous enseigner à son propos et surtout à notre propos. On peut se sentir libre chez soi, car la liberté c’est un état d’esprit, ça se passe un peu là haut, dans la tête, et sans doute beaucoup dans le cœur ; le voyage conditionne et accélère certes l’apprentissage parce qu’il te fait comprendre ça très vite, mais tu n’as pas besoin d’être loin de chez toi pour te sentir libre, juste de te sentir libre dans ton cœur !

La liberté n’est pas une condition du corps, c’est une condition du cœur (on est même sûres que tous les grands penseurs qui ont été à un moment privés de leur liberté physique par l’emprisonnement, citons Mandela, Gandhi ou encore MLK, qui pourraient vous l’affirmer) et c’est ce que ces premiers mois de voyage nous ont fait comprendre, parfois douloureusement, mais pour notre plus grand bonheur !

On comprend enfin le sens de ce dont notre maman nous parle depuis longtemps : l’intelligence du coeur.

Nous ne pouvons vous donner de meilleur conseil que de celui de voyager, car le voyage développe l’intelligence, entre autres choses, mais pas que… À vous de le découvrir !