Les meilleurs fruits d’Asie du Sud-Est

L’autre jour, on petit-déjeunait sur la terrasse des Violettes, et, la voix pleine de mélancolie, on se remémorait un des meilleurs petits-déjeuners avalés pendant notre Tour d’Asie. C’était un matin de novembre, sur une plage du sud du Sri Lanka, avec David, notre copain australien. On avait ce jour-là dégusté une quantité orgiesque de fruits : clémentines, mangues, fruits de la passion, petites bananes sucrées, ananas, caramboles, goyaves, accompagnés de tartinade d’avocat arrosé de citron sur des crackers de blé complet.

En baissant les yeux sur notre assiette de nectarines et de bananes, on avait un peu l’air blasé ! Et oui, c’est vrai, l’Homme est un éternel insatisfait et maintenant qu’on est revenues en France, on commence à se rendre compte que certaines choses nous manquent… En premier sur cette liste : la diversité, la multitude, le goût incroyable et les prix raisonnables des fruits exotiques !
Nous vous proposons donc dans cet article de vous révéler dans quel pays vous mangerez les meilleurs fruits. Bien sur, ces données sont tout à fait subjectives mais si jamais vous passez par là, s’il vous plaît, régalez vous en pensant à nous, ça nous fera super plaisir !

INDE : les bananes, sans hésiter. Vous ne pouvez pas vous tromper, elles sont toutes délicieuses, sans exception, et ce serait un crime de ne pas vous goinfrer de bananes lors d’un séjour en Inde ! Les variétés sont multiples, déclinées sur une palette de couleur allant du vert au rouge en passant par le jaune, et leurs goûts sont tout aussi surprenants et différents. Un jour, sur un petit marché du Kerala, on a compté 8 variétés présentées !
Le début de notre voyage a aussi été marqué par la découverte de fruits exotiques encore inconnus pour nous : le jackfruit (même cuisiné dans des currys salés, sa chair filandreuse rappelle celle du blanc de poulet !), la papaye (qu’on mange avec une foufourche HaHahaaaa 😛 ! Non blague à part, la papaye est EXCELLENTE comme remède aux maux de ventre et régule le transit encore mieux que n’importe quel médicament) ou encore la goyave.

SRI LANKA : les fruits de la passion. Ils sont présents sur cette ile à foison, et ne valent quasiment rien !! Moins cher qu’une baguette de pain au kilo, ils se vendent par montagnes sur les bords de route et les marchés… Et se dégustent en autant de quantité ! On vous promet que même Juliette, auto-proclamée « bouche à suc' » de la famille, prenait plus de plaisir à racler le fond du fruit qu’à vider un paquet de Dragibus. Quant à Ingrid, il lui est arrivée de s’en enquiller 2 kilos en promo à moitié prix en un seul goûter. Une véritable sucrerie végétarienne !

THAÏLANDE : les noix de coco. Autant pour leur eux que pour leur chair, 2 à 3 « arrêts noix de coco » par jour étaient un MINIMUM ! Parfait quand il fait chaud, quand il fait soif ou quand il fait faim (une fois bue on la rend au vendeur il la coupe en deux, et on gratte la chair jusqu’aux os – comprendre la coque hein, on est végétariennes oh !)… Hop un coup de couteau au dessus, un plantage de paille et « goup gloup », on n’entend plus rien d’autre que le bruit des gorgées avalées… On s’est même fait des concours de vitesse. La tradition quotidienne pendant notre séjour sur Koh Lanta : dégustation d’une noix de coco fraîche les fesses dans le sable sur la plage devant notre bungalow en regardant le soleil se coucher. Pour la petite anecdote, un jour quelqu’un qui voulait absolument nous trouver des noix de coco est carrément monter en haut d’un arbre devant nous pour nous en attraper !

CAMBODGE : les mangues. Là encore une fois, à 1$ les 5 langues, on en a tellement mangé à Siem Reap et Phnom Penh qu’on a réussi à s’en dégoûter pour quelques jours. Et dire que maintenant tu payes ta mangue 5€, on aurait du faire des réserves !

BALI : les ananas. Tous murs à point, juteux, sucrés et pas du tout acides (ils ne te laissent pas la langue rapée ou brûlée après consommation). Mais comme c’est difficile à conserver une fois entamé, on est obligées de le finir… Ça va peut-être vous surprendre, mais on a cru faire une overdose… Fou ! Précisons également qu’on a découvert lors de ce voyage d’où venaient les ananas, enfin comment ça poussait quoi… Sur des petits arbustes pas plus haut que la taille, qui ressemblent un peu à une plante grasse, mais qui sont en fait la reproduction exacte des feuillages qui sont au dessus du fruit quand on achète un ananas, mais en taille adulte ! Le fruit pousse au milieu de cet amas de feuilles piquantes. Cette révélation s’est produite le jour où un paysan a cueilli notre ananas commandé dans son jardin, au retour d’une balade vers une cascade au nord de l’île balinaise (le fruit a d’ailleurs été élu meilleur ananas de toutes nos petites vies…).  C’est aussi à Bali qu’on a découvert les mangoustans, les ramboutans, le salak et le sirsak, et qu’on a goûté du durian pour la première fois (BEURK : mais franchement, meilleur au goût qu’à l’odeur).

AUSTRALIE : les avocats. Aussi crémeux que goutus, et disponibles à un prix dérisoire, on a fait une cure de bon gras en Australie. Étalé dans des pitas, sur des crackers, à manger à la cuillère avec un peu de citron… C’est vite un délice !
> On en a aussi utilisé quelques-uns pour nous concocter des super masques de cheveux…

Attention, les photos qui suivent peuvent vous mettre dans un état de faim/envie/jalousie très intense ! Estomacs affamés s’abstenir…

Et s’il vous prend l’envie soudaine de vous rendre au maraîcher le plus proche pour le dévaliser à la vue de ces images, sachez que c’est normal ! Et que (heureusement) rien ne vous en empêche 😉

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…Le retour !!

Oui, c’est vrai, on avait un peu disparu de cet endroit virtuel qu’est ce super blog.

On s’est astreintes durant 5 mois et 1 semaine à l’alimenter hyper régulièrement pour vous raconter nos péripéties quasiment au jour le jour (on écrivait dans les bus – et Dieu sait qu’on en a pris des bus… -, sur les terrasses de resto, dans les chambres de nos guesthouses, sur les banquettes des aéroports – et même parfois par terre, installées à même le sol -, sur nos serviettes de plage, bref un peu partout !).
Mais il faut l’avouer, après notre retour, on a un peu décroché et lâchement laissé tomber la rédaction : il faut dire aussi que, paradoxalement, les moments de « creux » pendant lesquels il était facile d’écrire à l’autre bout du Monde, sont beaucoup moins nombreux dans la vie quotidienne. Lorsqu’on est en vacances, il est en fait plus facile de s’aménager une plage horaire dans la journée pendant laquelle s’atteler à une tâche en particulier, un peu comme les enfants qui s’appliquent, plus ou moins contraints, à remplir une page de leur cahier de devoirs de vacances, et ce tous les matins de juillet et août !
Et puis, aussi, il s’est passé pas mal de choses depuis la fin de ce voyage : le temps de retrouver tout le monde, d’aller rendre visite à nos proches, de faire des surprises aux uns et aux autres, d’accueillir un ami indien pour lui faire à notre tour découvrir la vie ici, de candidater dans un IUT pour Juliette, de chercher un boulot pour Ingrid, la vie commençait peu à peu à reprendre son cours tranquille… 

Mais ce répis a été de courte durée, car les Delory n’ont pas vraiment l’habitude de rester tranquilles et n’aiment pas s’ennuyer ! Quasiment aussitôt rentrée, donc, deux semaines après avoir atterri en France exactement, Ingrid a annoncé son mariage l’été qui arrivait, en août. Haha, quelle surprise, et surtout, quel planning serré !

Bref, tout ça pour dire que ces 4 derniers mois ont donc été quelque peu chargés, cela explique sans doute notre absence, même si ça ne l’excuse pas. 
Quoiqu’il en soit, maintenant que le calme est revenu, et qu’un rythme normal s’installe, on est bien décidés à revenir et à continuer de vous raconter nos aventures, moins exotiques, certes, mais toujours aussi agréables à lire, on l’espère. 

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Juste avant notre départ, on avait organisé un petit repas pour présenter à tout le monde notre projet. Ça avait été l’occasion d’expliquer à notre famille et nos amis, le parcours, les pays visités, nos attentes, de recevoir les précieux conseils et adresses des uns et des autres.
Et bien, l’heure est venue de faire un peu la même chose, mais après le voyage cette fois ! L’idée c’est de réunir les mêmes personnes, mais aussi ceux qui n’avaient pas pu être là en octobre dernier, afin parler de ces mois écoulés et de vous raconter plus en détails que sur le blog notre super périple !
Lecteurs du blog, vous êtes donc tous conviés à venir débriefer cette expérience autour d’un goûter aux Violettes le dimanche 4 octobre. Y compris ceux qui nous ont découvertes en cours de route, par l’intermédiaire d’Internet, et qui ne nous connaissent pas forcément « en vrai ». Ce sera l’occasion de se rencontrer :-). Au programme : photos pour les plus patients, vidéos, troc de guides du Routard, échanges de bons plans, explications sur nos changements de plans, ressentis, anecdotes exclusives, rires, chai massala et chocolat :D. 

Venez nombreux !

De retour à la maison

Et voilà, le chemin se termine.

On vous écrit, au chaud (ouais enfin c’est un printemps un peu frisquet, donc par rapport à la canicule de Bali, c’est léger quoi…), de notre jolie maison grassoise. De LA MAISON. De l’endroit où on se sent le mieux au monde. De la où tout a commencé, il y a un peu plus d’un an.
Les idées balancées comme ça, juste pour rire, les listes de choses qu’on ne veut pas rater sur cette Terre, puis voir tout se concrétiser à une vitesse fulgurante, et ce non sans efforts. Ce voyage c’est notre bébé, c’est la chose qu’on a créée de A à Z et qu’on a vécue ensemble en se soutenant.

Mais attention cette expérience n’a pas été de tout repos !! Non non non, au contraire ça a été compliqué, à réfléchir, à organiser, à financer, à vivre, à digérer, et on oublie un tas de verbes… Le seul truc qui a été hyper facile pour nous en fait c’était de le partager. Entre nous, tout le temps, avec vous, régulièrement, et puis avec les locaux, souvent !

Le retour à la maison est plus facile que prévu, le pays nous manquait, nos proches nous manquaient, donc l’adaptation se passe vraiment bien. Ce retour au calme et au familier nous donne le temps de digérer, de comprendre et de revenir sur tous les moments de cette expérience incroyable et inoubliable, qu’on n’aurait pu rater pour rien au monde ! On est fières et heureuses de l’avoir accompli, surtout ensemble (on ne peut s’empêcher de se projeter plusieurs années dans le futur et s’imaginer en train de raconter à nos enfants et nos neveux « tu vois, dans ce pays, on y était avec tatie quand on était plus jeunes, on est parties en sac à dos toutes les deux 5 mois pour voyager et découvrir une partie du Monde ». Et ça nous fait bien rire !), et quelque part ça nous manque un peu de ne plus se supporter (dans le sens de se soutenir, non pas de se subir ^^) H24. 

Alors voilà, aujourd’hui, après exactement 161 jours de vagabondage à travers l’Asie et après en avoir pris plein la vue et le cœur chaque seconde de chacun de ces 161 jours, nous sommes de retour. 

Voici notre itinéraire final, celui, il faut l’avouer, qu’on n’avait jamais envisagé une seule fois, dans tous les scénarios qu’on s’était montés 14 mois auparavant :
France -> Inde -> Sri Lanka ->Thaïlande -> Laos -> Thaïlande -> Cambodge -> Thaïlande -> Singapour -> Indonésie -> Australie -> Indonésie -> Inde -> France

On vous remercie de nous avoir suivies tout ce temps, on vous remercie d’être partis avec nous, et surtout on vous remercie de tous vos mots gentils qui nous ont aidées tout le long de la route. Sachez que vous avez été avec nous a chaque instant, dans les meilleurs moments bien sur, mais surtout dans les plus mauvais. Heureusement ils ont été moindres mais vous nous avez donné le sourire et le courage de poursuivre quand le moral était un peu mouligasse !

Vous aurez dans tous les cas l’occasion de nous recroiser et on ne manquera pas cette opportunité de vous raconter, vous faire flipper, vous faire marrer, vous faire voyager une fois de plus avec nous 🙂

On vous aime ❤

Les connasses en voyage #2

Un homme, la soixantaine, passe devant nous alors qu’on est allongées sur la plage à bronzer, en nous jetant un regard malsain. Il dit « vous êtes de loin les plus belles de la plage ».
La connasse lance « je vous aurais bien retourné le compliment, mais je mentirais… »

Sur la plage de Kovalam, des rabatteurs essaient de convaincre les touristes de venir se dorer la pilule sur leur bout de plage. Les prix tombent et passent de 400 roupies à 200 juste après le déjeuner. Un énième s’approche de nous et nous interpellent « Hello Darlings, for one umbrella and two beds, 200 only !! ».
La connasse répond « Quand tu m’auras vue en maillot de bain, c’est toi qui vas payer pour que je m’allonge sur ton transat ! »

Attablées a un restaurant, on attend notre commande : deux plats que nous allons partager. Le serveur arrive, pose les assiettes devant nous et commence à séparer en deux là nourrtiure pour nous servir.
La connasse, blessée, dit « merci, je suis une femme, mais je peux quand même me servir toute seule. »

Tous les rabatteurs et vendeurs de magasins ont une technique bien rodée pour appeler les touristes. A Delhi, ils lancent un « Yesss excuse me, come come ! »
Fatiguée d’être sollicitée, la connasse à bout, s’arrête et dit « ouais excuse toi, ouais. »

C’est la première fois qu’on se retrouve à manger avec des baguettes en Asie. Et là, le riz n’est particulièrement pas collant, d’où la difficulté d’une des connasses à manger normalement.
L’autre lui envoi « tu peux faire semblant de savoir manger stp ? J’ai un peu honte de toi là. »

Après une journée entière à marcher sous le soleil, on manque furieusement d’eau et de nourriture, et nos neurones commencent doucement à faiblir. Après avoir recommencé la même phrase près de 4 fois sans avoir pu mettre les mots dans le bon ordre ou avoir pu prononcer toutes les syllabes correctement, une des deux connasses constate avec désespoir son incapacité à aligner des mots. L’autre connasse s’impatiente : « bon ce qu’on va faire c’est qu’on va prétendre que cette phrase s’arrête là OU que tu ne l’as jamais commencée si tu veux bien. Merci. »

En voyant tous les chinois couverts de la tête au pieds pour éviter de prendre le soleil, la connasse lance « il fallait peut-être pas choisir la Thailande comme destination si tu voulais éviter le soleil… L’Islande c’était une bien meilleure idée, et avec un peu de chance c’est l’époque de l’année où il fait même pas jour. »

En voyant tant de surfeurs dans un coin d’une île, une des connasse reste bloquée sur l’un d’eux, faisant son jogging. Fier d’être regardé, il lance « Hi girls how are you doing ? »
La connasse dit « ah, ben c’était mieux quand tu parlais pas en fait »

Une journée à Vientiane

On avait décidé d’inclure dans notre périple thaïlandais quelques jours au nord-est du pays, dans une région appelée l’Isan. Cette région se trouve au sud du Mékong, le fleuve qui fait la frontière naturelle entre la Thaïlande, le Laos et le Cambodge. Réputée pour offrir aux visiteurs parmi les plus beaux paysages du pays, on s’est dit que ce serait dommage de rater ça !

Une fois arrivées dans la jolie ville de Nong Khai, on décide de s’y poser quelques jours. Et puis en se baladant sur la promenade de la ville le long du Mékong, on réalise que juste en face, sur l’autre rive, c’est le Laos. En plus, la ville qui se trouve de l’autre côté de la rive, à 400 mètres sous nos yeux, c’est Vientiane, la capitale du pays.

Le moyen de traverser le fleuve pour s’y rendre se trouve être le premier pont de l’amitié lao-thaï, construit en 1994 pour un usage routier comme ferroviaire. On réfléchir et puis on se dit que ce serait dommage de ne pas le traverser, pour aller jeter un coup d’œil au Laos et s’imprégner de l’ambiance même pour une journée. De toutes façons notre programme ici n’est pas chargé, ça nous occupera une journée et c’est l’occasion ou jamais d’aller au Laos, on ne sait pas si ça représentera un jour !

On part donc un matin à 7h pour l’aventure laotienne avec une information précieuse : il paraîtrait que l’on trouve des baguettes de pain là-bas ! Coooooooool !!! 😀

Après une relativement longue débâcle aux différents postes frontières (c’est toujours la même histoire quant il s’agit de formalités administratives…) et un marchandage agité avec les différents chauffeurs de tuk-tuks et taxis, on arrive en plein centre de Vientiane pour un petit déjeuner tardif. Et là surprise !! On ne nous avait pas menti : le snack de rue typique est une baguette de pain réchauffée sur la grille du barbecue dans laquelle on tartine de la vache kiri !!! Huuuuuum !! Ce n’est pas gastronomique certes, et encore moins respectueux de nos anciens principes végétaliens, mais ralalala qu’est ce que c’est bon ! Après 3 mois sans avoir croqué le quignon d’une baguette, c’est du pur plaisir :-).

On passe le reste de la journée à se balader, à visiter des temples, dont le fameux Wat Sisaket. Ce dernier est le seul temple de la ville à avoir été épargné des destructions massives que les Siams ont opérées lors de l’invasion du pays, car son architecture rappelle le style siamois ! Les murs du cloître qui entoure le sanctuaire central sont truffés du sol au plafond de petites niches dans lesquelles trônent des statuettes de Bouddha. Ces niches se retrouvent également dans les murs du sim (comprenez le sanctuaire, là ou repose la statue principale du Bouddha, à laquelle on fait des offrandes), il y en a plusieurs milliers en tout, cet assez spectaculaire. En pierre, en bronze, en argent… Les plus anciennes datent du XVe siècle.
Malheureusement, les peintures d’époque illustrant la vie de Bouddha qui ornent les murs et le plafond sont dans un tel état que les photos sont interdites pour les préserver. Mais croyez nous sur parole : l’intérieur est absolument magnifique !

On continue à errer dans les rues et à profiter de cette ville hyper calme malgré le fait que ce soit une capitale ! C’est surprenant de constater cette différence de bruit et de circulation avec la ville thaïlandaise frontalière. Côté esthétique, l’architecture coloniale a laissé de jolies marques et les rues sont très plaisantes. L’influence française est encore d’ailleurs fortement présente puisque toutes les rues sont traduites ou carrément indiquées en français, de même que tous les bâtiments administratifs et enseignes d’entreprise. Sur les devantures et les pancartes se mêlent donc le français et l’alphabet lao constitué de petits vermicelles que l’on a toujours du mal à distinguer des spaghettis thaïlandais !! Et on vous parle pas des nouilles cambodgiennes…

La journée se termine vite, il ne faut pas rater notre bus de retour pour la Thaïlande, avant que le poste frontière ne ferme. Nous n’aurons passé en tout que 9h à Vientiane, mais 9h fort agréables dont nous aurons retenu l’ambiance paisible et le calme qui y règne.

On vous laisse apprécier les clichés de la journée !

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Découvrez la Thailande comme nous l’avons vécue 

Voici notre mois en Thailande résumé en 2 vidéos !!!

La première partie a été filmée au nord, de Bangkok à Nong Khai, jusqu’à la baie de Phang Nga plus au Sud : Thailand Part I

La deuxième partie est une video GoPro, filmée à côté, sur ou sous l’eau pendant les 10jours que nous avons passés sur les iles du Sud : Thailand Part II

Elles nous rappellent deja de très bons souvenirs, on espère fort qu’elles vous plairont 🙂

Le Bouddhisme en Thaïlande

Après quelques semaines déjà en Asie du sud-est, qui en gros compte deux principales religions : l’hindouisme et le bouddhisme, on est parvenues à deux conclusions. La première c’est que l’hindouisme ça fait mal aux oreilles, et la seconde c’est que le bouddhisme ça fait mal aux yeux !

Faut être honnête les gars : le bouddhisme, c’est quand même vachement kitsch hein !! Pas kitsch drôle, plutôt kitsch qui pique un peu les yeux ! Rapport à la dorure, aux bijoux, au clinquant et au chargé !! On est quand même loin du Bouddha super épuré en bois foncé du magasin de déco zen français… Ici le mot d’ordre dans les temples c’est OR, OR, OR et OR !!! Sauf quand ils sont en ruines bien sur…

Et puis, maintenant qu’on a des points de comparaison entre les pays, leurs cultures, leurs habitudes, et leurs modes de vie (même si ce sont des connaissances modestes…), on peut vous en parler.

En Thaïlande notamment, où on est restées assez longtemps pour observer et comprendre les rituels et coutumes bouddhistes. Ici, c’est un drôle de bouddhisme, très différent de celui rencontré au Sri Lanka. Alors que sur l’île de Ceylan les bouddhistes ne consommaient absolument aucun animal (même s’ils raffolaient des œufs que les hindous bannissent de leur cuisine), les bouddhistes thaïs, eux, mangent de la viande. Et ils en mangent BEAUCOUUUUP. Ils en vendent à tous les coins de rues : du bœuf, du porc, du poulet, du poisson, des fruits de mer et même des insectes !! Il parait que ces petits êtres vivants sont l’avenir protéiné de l’humanité… Merci, mais non merci, nous, on laisse le serpent en brochettes, les larves au persil, les cafards grillés et les mygales frites aux plus courageux !!

En fait, on a appris un peu plus tard que les bouddhistes en Thaïlande, comme au Cambodge d’ailleurs, ne voient pas d’inconvénient à manger de la viande car ils se rachètent d’une manière ou d’une autre de ce « péché » ! Vous croyiez que le commerce des indulgences n’était un truc que de Catholiques ? Et bien non ! Même s’ils croient à la réincarnation, ils prennent quand même le risque de manger un truc qui pourrait être leur grand-père récemment décédé (puisque chaque être vivant est susceptible d’être la nouvelle enveloppe charnelle de n’importe quel être humain qui n’a pas brisé le cycle de réincarnation en menant une vie spirituelle exemplaire…), car ils ont la possibilité de compenser ce « crime ». Ça fonctionne un peu comme un jeu avec un système de points : tu dois accumuler des points tout au long de ta journée. Si tu en perds en commettant une action négative (comme manger de la viande par exemple), tu peux te rattraper en exécutant une action positive (faire une offrande au temple, une donation à un moine, clamer une prière ou une petite puja, et hop, on n’en parle plus !). C’est facile non ?

Autre différence notable : les thaïs n’ont pas de problème avec le fait de tourner le dos à Bouddha, qui est plutôt perçu comme un décor photographique sympa. Ainsi on n’arrive plus à compter le nombre d’asiatiques qui se prennent en selfie avec l’énorme statue dorée en arrière-plan ! Ils ne saluent pas non plus lorsqu’ils passent à proximité d’un temple, ils se contentent de poursuivre leur chemin, normalement, alors que les Sri Lankais se levaient exprès quand ils étaient assis dans le bus ou conduisaient leur tuk-tuk.

On a aussi eu l’opportunité d’assister à un phénomène étrange réservé aux lève-tôts : la tournée des moines. Le matin, à la première heure, jusqu’à 8h environ, des moines en robe safran passent devant les magasins et bénissent le propriétaire et les employés en échange d’un billet. Le moine marche dans la rue, et en arrivant devant les enseignes (ça va du magasin de souvenirs au supermarché en passant par le salon d’esthétique, le coiffeur ou le bar-restaurant), les employés se manifestent en sortant avec un billet à la main et s’appliquent à l’enfoncer profond dans le sac en tissu du moine avant de se mettre en position de prière et de bénédiction. Debout, raide et droit, bras le long du corps, tête baissée et yeux fermés, pendant que le moine agite ses bras autour de la silhouette en marmonnant des mantras et en jetant parfois des gouttes d’eau sacrée ou de la fumée d’encens. Et puis il reprend sa route, s’arrête 5 mètres plus loin au commerce suivant et ça recommence, ainsi de suite. La scène se répète, dans toutes les rues des villes, au lever du jour.

En ce qui concerne l’aspect technique de l’offrande, ici aussi c’est différent ! Le point commun est que les offrandes sont aussi importantes et respectées dans tous les pays. Mais ce ne sont ni les mêmes contenus ni le même rituel.
Voici en gros le « parcours » d’offrande à réaliser dans un temple bouddhiste en Thaïlande. À noter que chaque étape est séparée de l’autre par une prière plus ou moins longue, réalisée debout, incliné, à genoux et parfois ventre au sol, à voix haute ou basse, ça dépend des gens.

Étape 1 : se rendre au petit comptoir à l’entrée du temple et acheter le paquet contenant tous les éléments qui ont être utiles pour accomplir chaque étape. Le prix est parfois fixe, d’autres fois c’est juste une donation, et c’est toi qui décides combien tu veux donner.
Étape 2 : se déchausser à l’entrée du temple, juste en bas de l’escalier qui y conduit
Étape 3 : accrocher à une armature en métal le collier de fleurs fraîches et colorées.
Étape 4 : planter le bâton d’encens, préalablement allumé sur une flamme commune qui brûle en continu, dans une grande vasque pleine de sable et de mégots d’encens éteints ou encore incandescents.
Étape 5 : enrouler son lot de tissus colorés autour d’un totem et les nouer par un gros nœud vite fait pour qu’ils y restent accrochés.
Étape 6 : détacher la petite feuille d’or toute fine de son enveloppe, l’attraper délicatement du bout des doigts pour ne pas l’abîmer et la coller avec application sur une des statues de Bouddha. La statue se retrouve ainsi toute recouverte d’or au fur et à mesure que les fidèles affluent. L’or c’est une vraie passion ici, on vous l’a dit !
Étape 7 : verser le contenu d’une petite bouteille (nous au début, on croyait que c’était du jus de pomme qu’ils se trimballaient tous, mais en fait c’est de l’huile, on l’a compris qu’en voyant cette dernière étape !!) dans un grand vase dont dépassent des mèches à brûler. Le fait d’ajouter cette matière permet d’alimenter en continu les jolies flammes qui dansent à la surface.

Si ce drôle de rituel ne vous est pas familier et que vous ne comprenez pas tout, regardez les images, ça va peut-être vous aider !

Vous l’aurez compris, le bouddhiste thaïlandais est beaucoup plus ostentatoire et capitaliste que le bouddhisme ascétique et discret du Sri Lanka ou du Tibet…

Un bon Bouddha bien typique de la Thaïlande, tout d’or vêtu !

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Un Bouddha en ruines : c’est tout de suite moins clinquant non ?

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Remarque, même sur des ruines ils arrivent à lui coller de l’or…

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Et voilà les fameuses étapes d’offrande
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Un moine thaïlandais

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Les phrases qu’on n’est même pas étonnées de s’entendre dire #2

« – C’était un enfant ça ?
– Ouais mais il était vivant je l’ai vu respirer »

« – Oh trop cool tu fais chauffer de l’eau pour faire du thé !!!
– Ah non, je fais bouillir ma cup pour la stériliser. »

« – Il y a un truc qui vient de me monter sur la jambe
– Aaaah c’était quoi ?
– J’ai vu des antennes, ça devait être un cafard… Mais genre c’était des antennes de homard alors j’imagine même pas la taille du truc. »

« – Hi girls how are you today ?
– Hi, good mate ! »

« – Ah mais tu le connais ? (Du haut de l’escalier)
– Non non
– Il est comment ?
– Torse-nu bronzé ? Sûrement Australien ? »

« – Oh elle est trop jolie cette fille !! »
– Je crois que c’est un homme… »

« Du coup je sais pas ce que je dois dire… Il ou elle (?) a une super belle robe ! »

« – Yes ok kap kun kha
– Ah mais t’as compris ce qu’elle t’a dit ?
– Pas un mot. »

« – Qu’est-ce que tu fais ?
– J’essaye de bronzer des sourcils »

« J’ai marché sur un truc de consistance molle et plutôt mouillé. Je crois que je vais vomir je veux pas voir ce que c’était. »

« Aujourd’hui je t’ai fait une surprise !! On va changer un peu, je t’emmène manger vietnamien. »

« – Demain si vous avez besoin d’un tuk-tuk appelez moi, je suis un bon chauffeur. Vous m’appelez hein ? Demain, qu’est-ce que vous faites demain ? »
– Écoute, on sait même pas où on dort ce soir… »

« Tu vois le berceau du bébé au fond de la cuisine. Derrière y a une trappe. Ben c’est de là que le rat est sorti hier soir ! »

« – Est ce que toi aussi t’as une abeille morte noyée dans ton jus de canne ?
– Attends je regarde. Ah non pas cette fois. Mais c’est bon aussi sans ! »

« – Cache les bananes, les singes vont encore te les piquer.
– Ah ouais c’était chiant la dernière fois de se battre pour récupérer l’ananas ! »

« Oh ! Je viens de capter que j’ai roulé 4 bornes avec la roue arrière crevée. C’est pour ça que ça couinait…  »

« Quand on checkout il faut pas qu’on oublie de pickup la laundry »

James Bond Girls

[Vous comprendrez plus tard dans l’article le pourquoi du comment de ce titre]

Quand on tape « Thaïlande » dans Google images, on tombe sur un paysage en particulier qui fait rêver plus d’un internaute… Celui qui a servi de décor au tournage d’un épisode de James Bond, l’homme au pistolet d’or !

Sauf que voilà, qui dit paysage de ouf, dit forcément monde de ouf dans ledit paysage. Et à cette période de l’année, les touristes chinois, coréen et japonais sont trèèèèès présents. Non non, pardon, en fait, ils sont présents TOUT LE TEMPS. Mais comme ils sont nombreux et comment dire… Assez remarquables, on ne voit qu’eux ! C’est pas pour critiquer, mais vraiment, les touristes asiatiques ont une façon assez curieuse de voyager : seulement en tour organisé déjà, donc ils débarquent par bus de 30/40 personnes multipliés par 20 bus parfois (on vous raconte pas la queue aux toilettes… Parce qu’il faut savoir que c’est une des premières choses qu’ils font, aller aux toilettes !), ils sont en général vêtus comme s’ils montaient le tapis rouge du festival de Cannes, ou alors couverts de la tête aux pieds pour se protéger du soleil (tout est utile : parapluie, cagoule, gants, collants, kway, manches amovibles…), et le but lorsqu’ils sont sur un site, même le plus archéologique et chargé d’histoire qui existe, ce n’est absolument pas de le comprendre, le déchiffrer ou le ressentir, non non non !! C’est simplement de trouver l’endroit, THE PLACE, où se faire prendre en photo. En selfie avec leur iPhone dernier cri accroché au bout d’une perche en métal ou par un proche avec un appareil réflexe tout aussi neuf dont l’objectif est démesurément long et large (sûrement pour compenser un truc… À tous les coups c’est freudien cette histoire !), le challenge est de trouver la lumière, la pause et le décor parfaits ! On ne vois raconte pas le nombre de fois où on a du se faire violence pour s’empêcher de gâcher leur photo en faisant des photobombs (bon on avoue, parfois souvent on en a faits, ça nous démangeait trop !)

Bref, tout ça pour dire que nous, un peu égoïstes, on ne voulait pas partager cet endroit avec beaucoup de monde, on voulait le découvrir comme si on était seules sur place, avec les sentiments agréablement mélangés de l’exploration et de l’inédit !

Cela excluait donc par avance de passer par une agence en ville qui vend cette excursion hors de prix ! La solution : nous débrouiller par nous mêmes pour trouver une embarcation privée dont le chauffeur voudrait bien se réveiller a l’aube avant que les flots de touristes ne se déversent aux embarcadères, et nous emmène dans la baie pour visiter.

On arrive donc la veille sur place, avec la ferme intention de loger le plus près possible du départ pour partir au plus tôt le lendemain matin. On pose donc nos sacs dans le bungalow du parc national de Phang Nga gardé par des Rangers en uniformes imprimés camouflage. Et on part à l’assaut des environs à la recherche d’un bateau pour le lendemain.
On rentre dans le centre d’interprétation du parc national et après discussion avec la dame qui s’occupe de l’accueil des visiteurs, on comprend qu’il est tout à fait possible ET facile de visiter la baie par soi-même, sans passer par une agence, c’est même d’ailleurs préférable car moins cher et plus pratique ! OUF !! On traverse la route pour se diriger vers le premier embarcadère en face de nous et on rencontre un monsieur qui parle super bien anglais et qui se présente comme le Big Boss des bateaux… Il n’a pas beaucoup de dents dans la bouche mais il est habillé en jean chemise et vu comment il gère les arrivées et départs de bateaux, il emblématiques être bien dans la place !

On lui demande donc s’il a un bateau pour le lendemain et nous propose de partager celui déjà prévu qui part à 9h. Puis, à la vue de nos têtes dépitées nous propose un départ plus matinal mais pour une somme un peu plus élevée puisque c’est une embarcation privée. Peu importe, on veut vraiment y être pour le lever du soleil et croiser le moins de monde possible. Réservation faite, rendez-vous pris à 6h30 le lendemain, il nous propose même de venir nous chercher à la porte de notre bungalow aux aurores : parfait !

Puis, 10 minutes plus tard, en continuant notre balade, on croise un couple de Toulousains qui cherche comme nous à embarquer en privé. On leur propose alors de partager notre plan, ce qu’ils acceptent, ça fera un peu baisser la facture et c’est sympa de vivre ça avec des compatriotes 🙂 !

On se couche tôt (de toute façon l’endroit est complètement désert après la tombée de la nuit… Il ne vit que la journée au rythme des visiteurs !), en priant pour que le beau temps soit au RDV.

Le lendemain, le Boss est à l’heure, le bateau aussi, on embarque au milieu de la mangrove alors que le soleil n’a pas encre dépassé la cime des arbres. Au total, une balade d’environ 3h sur l’eau s’annonce !

On commence par avancer lentement dans des eaux calmes, on ne croise que les pêcheurs locaux qui se sont levés à l’aube pour attraper quelques poissons. Autrefois sous la surface, vivait la plus grosse espèce de crocodile au monde : le gavial. La forêt de mangrove en était infesté, parait-il, mais nous, on n’en pas croisé un seul !

Cheveux au vent, le visage éclaboussé par les embruns que les clapotis nous envoient, ça nous rafraîchit de bon matin. On ferme la bouche pour ne pas ingurgiter de miasmes (on n’est jamais trop prudentes en ce qui concerne les amibes dans les pays d’Asie hein…), mais on ouvre les yeux pour en prendre plein les mirettes !

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On avance dans la baie alors que le soleil commence à poindre à l’horizon au dessus de l’eau et le spectacle des arbres à marée montante est assez rigolo. Le niveau de l’eau est tellement bas que leurs racines sont à l’air libre. Les marées successives ont dessiné une très nette démarcation dans la végétation et sur les rochers : si ce paysage était une toile (et on dirait vraiment une œuvre d’art), on pourrait croire si quelqu’un l’a faite tremper dans l’eau pour en effacer la couleur à la base, comme si l’eau avait enlevé la peinture !

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Le décor est tout simplement magique, la lumière est sublime, Juliette n’arrête pas de mitrailler et Ingrid n’en croit pas ses yeux. C’est la première fois que nous voyons un paysage comme celui-là : une multitude d’énormes formations calcaires qui tombent à pic dans l’eau. On réalise une fois de plus que le spectacle de ce que la nature a à nous offrir est vraiment incroyable. Les couleurs sont surprenantes : le bleu de l’eau, le rosé du ciel, le vert des arbres au plus près de l’eau, la roche blanche et grise recouverte de végétation aux tons automnales d’orange, de rouge et de marron. C’EST JUSTE TROP BEAU !

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On s’approche ensuite d’une falaise et le chauffeur nous fait comprendre que ce qu’il y a à voir se trouve au dessus de nos têtes. On lève les yeux et là BIM, des peintures rupestres vieilles d’environ 3000 ans recouvrent un morceau de la paroi. Ça ressemble drôlement aux peintures pariétales des grottes du sud-ouest de la France, le même trait naïf et cette couleur un peu ocre bordeaux. Mais les motifs sont différents ici, le thème est plus maritime ! On voit clairement des personnages (dont l’esthétique ressemble un peu à certaines gravures de la Vallée des Merveilles), mais aussi des poissons, comme un genre de dauphin, et on distingue des formes de bateaux.

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On continue d’avancer et on arrive devant un tunnel formé sous un énorme rocher. C’est ce qu’on appelle une arche marine : on y passe dessous en long tail boat à marée basse. Le soleil commence à monter dans le ciel, on l’aperçoit de l’autre côté du rocher, et le couple de touristes en pirogue qu’on croise juste devant nous rend la vue encore plus photogénique ! Ce sont les seuls « farangs » (c’est comme ça que les Thaïs appellent les étrangers) qu’on croisera de la matinée, c’est vous dire à quel point on s’est senties privilégiées sur l’eau pendant ces 3h. On passe encore quelques minutes à observer le menton en l’air les concrétions formées sur la roche par le temps et on teste les échos en criant des trucs à voix plus ou moins haute.

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On poursuit notre navigation en direction cette fois de la célèbre île de James Bond, la James Bond Island comme elle est appelée ici. En fait, ce sont deux îles : la première, Ko Tapoo, n’est qu’un bloc qui s’est détaché de l’île principale à cause de la marée. Il a dérivé pour s’enfoncer quelques mètres plus loin et s’ancrer au milieu de la plage. C’est le célèbre rocher très haut que l’on voit sur un tas de photos (dont celle affichée dans le garage de nos grands-parents paternels depuis toutes petites !). Sa base est ultra fine, environ 3 fois plus fine que son diamètre maximum, mais il se tient là, solitaire et fier de vivre sa vie face à sa grande sœur. Cette dernière s’appelle Ko Ping Gan et a été en 1974 le lieu de tournage d’un épisode de James Bond, L’homme au pistolet d’or, en tant que repère du méchant Scaramanga. Sur cette île qui n’est en fait pas très grande, il n’y pas grand intérêt à part la plage formée de milliers de bris de coquillages (parmi lesquels on a quand même trouvé quelques entiers…) et un sorte de grotte graphique. Là encore un morceau du rocher s’est détaché et a glissé dans une fissure très lisse et immense, et, alors que la base est venue s’enfoncer dans le sol, le sommet repose encore des dizaines de mètres plus haut.
Là encore nous sommes les seuls à nous balader, mis à part les gardiens du parc qui se réveillent pour commencer leur journée. Même les marchands de stands pour touristes n’ont pas ouvert leurs guérites !

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Deux heures se sont déjà écoulées, il est temps de prendre le chemin du retour. Sur la route, on s’arrête une dernière fois dans le village de Ko Panyee, aussi appelée Gypsie Village. Des habitants sot surnommées les Gitans de la mer, et font partie d’une grande communauté musulmane du sud de la Thaïlande, qui ne vit historiquement que de la pêche, et par conséquent qu’à proximité de l’océan. Ko Panyee s’est construit à flan de rocher au milieu de la baie, aujourd’hui c’est davantage une ville qu’un village (on a vu des villas luxueuses et suréquipées sur le modèle occidental), mais construite sur des pilotis. Bon soyons honnêtes, les pilotis sont des grands piliers en béton, parpaings et armatures en métal et les habitants ont construit un stade flottant juste a côté de l’école, ainsi qu’une mosquée et les habitants vivent plus du tourisme et de la location de décor pour les films (voir par exemple le deuxième Bridget Jones de la saga, l’Âge de Raison) que de la vente de poissons !
Mais c’est quand même un mode de vie assez curieux et s’y balader le matin tôt nous a permis de vivre des tranches de vie avec les habitants, certainement impossibles à partager en pleine journée : la préparation des enfants avant de se rendre à l’école, le marchand ambulant de petit-déjeuner, la sortie de la prière ou encore les étirements et le câlinage des chats qui, chose surprenante, sont nombreux, sur ce village suspendu au dessus de l’eau.

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En revenant vers l’embarcadère, on commence à apercevoir du monde qui fait le chemin inverse, heureusement qu’on a pris autant d’avance, parce qu’à part la pirogue du tunnel, on aura pas croisé un chat… (Enfin, façon de parler hein !! On aura croisé plus de chats que d’humains en vrai… Mais c’est une expression !!).

Le Monde appartient a ceux qui se lèvent tôt, dit la phrase populaire. On ne sait pas si c’est vrai pour le Monde, mais en tout cas ça s’est vérifié pour la Baie de Phang-Nga ce jour là ! :D. Et ça doit aussi l’être pour n’importe quel endroit touristique prisé…

[Ceci n’était pas un communiqué de l’association des parents d’ados qui en ont marre que leur progéniture fasse la grasse mat’. ]